Grand Paris : Castex valide le projet controversé de gare sur le Triangle de Gonesse dans le Val d’Oise

TRANSPORT Depuis plusieurs années, des militants écologistes se battent pour protéger les dernières terres agricoles de la petite couronne parisienne

20 Minutes avec AFP

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Il n'y aura finalement pas de gare sur les terres agricoles du Triangle de Gonesse.
Il n'y aura finalement pas de gare sur les terres agricoles du Triangle de Gonesse. — ISA HARSIN/SIPA

Il y aura finalement une gare sur les terres agricoles du Triangle de Gonesse. Jean Castex entérine ce vendredi ce projet controversé de la ligne 17 du métro du  Grand Paris, parmi une batterie de mesures pour le Val-d’Oise, a annoncé jeudi Matignon. Le Premier ministre « confirmera la desserte du secteur par la ligne 17 et la gare », ont indiqué ses conseillers, soulignant que le gouvernement ne souhaitait pas « réouvrir le débat sur le tracé » du supermétro, malgré la vive opposition de défenseurs de l’environnement opposés à une gare « au milieu des champs ».

Jean Castex se rendra notamment à Bonneuil-en-France, d’où est parti le tunnelier de cette ligne qui doit relier Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) au Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne) via neuf gares. Celle du Triangle de Gonesse sera la seule du Val-d’Oise.

280 hectares de terres agricoles

Depuis l’annonce d’Emmanuel Macron en novembre 2019 de l’abandon du projet de méga-complexe commercial et de loisirs Europacity, le devenir de 280 hectares de terres agricoles sur les quelque 700 que compte le Triangle de Gonesse est devenu un point de crispation entre les élus locaux et militants écologistes, qui ont tenu une ZAD (« Zone à défendre ») éphémère en février dernier.

Matignon a précisé que la gare s’accompagnera d’autres projets répondant à « une thématique autour de l’alimentation, de la production locale ». Ils s’implanteront sur les 110 hectares d’une ZAC située au sud de cette enclave triangulaire, bordée par l’autoroute A1 et survolée par les avions du Bourget et de Roissy.

Extension du marché de gros de Rungis

Cette « bande » accueillera notamment « une partie de l’activité » de l’extension du marché de gros de Rungis, qui frôle la saturation dans le Val-de-Marne, selon l’entourage du Premier ministre, précisant qu’il s’agirait plutôt de « production » ou de « transformation alimentaire », tandis que le reste des activités n’a pas encore de lieu d’affectation officielle.

Le projet, porté par la société gestionnaire de Rungis Semmaris, représenterait « un investissement de 600 millions d’euros » avec un potentiel de « 2.000 à 5.000 emplois », selon un rapport du préfet du Val-d’Oise. Une administration publique et une cité scolaire internationale tiennent aussi la corde pour s’installer sur cette ZAC, a ajouté cette source.

600 millions d’euros pour à la rénovation des hôpitaux d’Argenteuil et de Pontoise

L’urbanisation de ces terres agricoles au nord de Paris s’inscrit dans un plan plus large pour relancer ce département francilien d’environ 1,2 million d’habitants, qui enregistre un taux de pauvreté de 17 % et une précarité davantage marquée à l’est du territoire, où se concentreront les investissements.

Parmi les 17 mesures annoncées ce vendredi figureront des investissements dans les transports en commun, la réfection du commissariat de Sarcelles et l’extension de celui de Cergy, ainsi qu’une nouvelle maison d’arrêt, dont la localisation sera dévoilée lors de ce déplacement. Matignon a également annoncé que « 600 millions d’euros » seront affectés à la rénovation des hôpitaux d’Argenteuil et de Pontoise, un investissement qui s’inscrit dans l’enveloppe globale de 19 milliards d’euros négociée lors du Ségur de la Santé.