Le bracelet, dernière mode carcérale

Lise Martin

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Le bracelet électronique a la cote en Ile-de-France. Sur 12 000 détenus, ils sont aujourd'hui 460 à en porter un. Soit 56 % de plus qu'il y a un an. Dans le Val-d'Oise, la hausse a même été de 84 % en 2008. Le nouveau directeur interrégional des services pénitentiaires de Paris, Michel Saint-Jean, a ainsi justifié le recours accru à la surveillance électronique : « Elle permet à la fois la prévention de la récidive et le désengorgement des prisons. » Autre atout : son taux d'échec très faible (2 %).

Deux systèmes coexistent. Pour les courtes peines, il vérifie simplement que le détenu respecte les horaires auxquels il est autorisé à quitter son lieu d'astreinte. Le placement sous surveillance mobile, qui commence à se développer (quatre personnes le testent dans la région), permet quant à lui de suivre tous les déplacements du condamné. Il concerne plutôt les fins de longue peine. « Bracelet ne veut pas dire absence de sanction, tient à préciser l'AP. C'est une mesure lourde et contraignante pour les "placés". » Ces bénéficiaires d'alternatives à la détention vont sans doute être de plus en plus nombreux : le projet de loi pénitentiaire, qui doit être débattu en mars au Sénat, prévoit que tous les détenus puissent y accéder quatre mois avant la date de leur libération. ■