La Police met le feu à Arcueil

Carole Bianchi

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Sous le regard médusé de passants, une importante fumée noire se dégage de l'immeuble situé au 59, avenue Laplace à Arcueil (Val-de-Marne). Hier matin, à 11 h 06, le laboratoire central de la préfecture de police (LCPP) lançait le dixième incendie expérimental sur une série de onze entamée lundi. « Onze feux en quatre jours, cela ne s'est jamais fait, s'exclame Bruno Fargette, directeur du laboratoire. Nos homologues étrangers nous envient. »

Cette opération grandeur nature a pour objectif de faire évoluer la réglementation préventive de sécurité incendie, les professionnels du laboratoire ayant pour mission principale d'assurer les visites de sécurité d'établissements recevant du public et d'intervenir sur un sinistre pour en déterminer la cause. « Les expériences de cette semaine faciliteront dans le futur une meilleure sécurité à moindre coût », poursuit le directeur.

Mais avant même d'analyser la multitude de mesures, les ingénieurs ont été surpris par les tests. Sur trois départs identiques d'incendie dans des chambres d'hôtel reconstituées pour l'occasion, un seul a abouti à un « flashover », c'est-à-dire une progression très rapide des flammes. Les deux autres, comme celui d'hier, ont évolué de façon plus lente. « Ce n'est pas spectaculaire, mais c'est loin d'être dénué d'intérêt », commentait hier un sapeur-pompier de Paris intervenu après avoir laissé le feu se propager pendant vingt minutes. L'ensemble des données récoltées pendant ces quatre jours devraient permettre de comprendre ces variations. « Il faudra des mois, voire des années pour tout analyser », précise Aurélien Thiry, ingénieur du LCPP. Voué à la démolition, l'ancien immeuble d'habitation sera encore le théâtre d'exercices pendant quinze jours. ■