Coronavirus en Ile-de-France : Valérie Pécresse va « dédommager » de 85 euros tous les étudiants détenteurs du passe Imagine'R

INTERVIEW Dans une interview à « 20 Minutes », la présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, indique vouloir « dédommager » de 85 euros tous les étudiants Franciliens détenteurs du passe Imagine’R

Propos recueillis par Romain Lescurieux

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La présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, dans son bureau ce lundi à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis)
La présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, dans son bureau ce lundi à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) — LEWIS JOLY / SIPA pour 20 Minutes​
  • Valérie Pécresse va mettre en place un système de dédommagement de 85 euros pour tous les étudiants et jeunes Franciliens détenteurs du passe Imagine’R.
  • La plateforme va être mise en ligne le 22 avril prochain. Ile-de-France Mobilités met d’ores et déjà en garde contre les sites frauduleux.
  • « L’idée est de lutter contre la précarité des jeunes. C’est un geste de justice tarifaire », explique la présidente d’Ile-de-France Mobilités.

Les jeunes et les étudiants subissent de plein fouet  la crise économique et sanitaire. Confinements, cours en jauge réduite, précarité et protocoles sanitaires… Les déplacements en région Ile-de-France ont fortement diminué. Pourtant, les frais de transports continuent de s’appliquer. La présidente de la région Ile-de-France et d’Ile-de-France Mobilités, Valérie Pécresse, a décidé de rectifier le tir.

« Ils n’ont pas utilisé le passe Imagine’R autant qu’ils auraient pu. Il m’a donc semblé juste de proposer un geste de dédommagement pour la non-utilisation de ce passe », détaille-t-elle dans une interview auprès de 20 Minutes.

La crise sanitaire a durement frappé les jeunes et les étudiants. Que proposez-vous pour leur venir en aide en Ile-de-France ?

Nous savons que des jeunes, des étudiants, se sont retrouvés privés d’université et de cours en présentiel depuis septembre. Des travaux dirigés ont lieu et il y a l’obligation pour les universités de les faire revenir au moins un jour par semaine. Néanmoins, nous nous apercevons que l’utilisation de leur passe Imagine’R a été moindre cette année que les années précédentes en raison du Covid-19 et des confinements. A la différence du passe Navigo, il n’est pas possible de suspendre le passe Imagine’R. A chaque trimestre, il y a l’équivalent d’un mois qui n’a pas été consommé. Nous avons donc décidé pour ces étudiants, souvent en situation de précarité, de faire un geste de dédommagement.

Quels sont les contours de ce geste, comme vous dites ?

C’est un geste commercial que nous allons faire vis-à-vis des étudiants. Je vais proposer aux administrateurs d’Ile-de-France Mobilités le 14 avril prochain la mise en place d’un dédommagement de 85 euros, correspondant à trois mois de passe Imagine’R, et ce pour tous les détenteurs du titre de transport. C’est un geste très fort en direction des étudiants pour leur pouvoir d’achat et celui de leurs familles. Ils n’ont pas utilisé le passe Imagine’R autant qu’ils auraient pu. Il m’a semblé donc juste de proposer un geste de dédommagement pour la non-utilisation de ce passe.

Combien de personnes vont être concernées ?

Cela concerne plus de 500 000 étudiants. L’idée est de lutter contre la précarité des jeunes. C’est un geste de justice tarifaire. C’est un coût de 43 millions d’euros.

Comment cela va-t-il fonctionner ?

Nous allons ouvrir une plateforme pour permettre le dédommagement, dont les informations seront données sur le site iledefrance-mobilites.fr. Elle ouvrira à partir du 22 avril. Il faudra mettre son numéro de passe Imagine’R étudiant. Et ils seront remboursés sur leur compte. D’ici là, je mets en garde contre sites frauduleux, comme pour chaque dédommagement.

C’est une mesure de la présidente de la région Ile-de-France ou de la candidate aux élections régionales ?

C’est une mesure qui a été demandée à l’unanimité par le conseil d’administration d’Ile-de-France Mobilités, toutes tendances politiques confondues. C’est une mesure consensuelle et qui me paraît justifiée. La présidente d’Ile-de-France Mobilités n’est pas en campagne.