Paris : Vers la fin de la publicité numérique dans les rues et vitrines de la capitale ?

SOCIETE L’exécutif parisien, allié aux écologistes qui prônaient durant la campagne des municipales une ville sans publicité, veut s’attaquer aux écrans numériques publicitaires

R.L.
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Un écran publicitaire dans la vitrine d'une pharmacie (Illustration). .
Un écran publicitaire dans la vitrine d'une pharmacie (Illustration). . — Nicolas Raffin/20 Minutes
  • La loi climat arrive ce lundi au Palais Bourbon. Dans celle-ci, il est prévu de donner aux maires la faculté d’encadrer les publicités lumineuses des commerces.
  • A Paris, les panneaux publicitaires numériques sont dans le viseur.
  • « Un panneau numérique de deux mètres carrés consomme 7.000 kilowattheures
    (kWh) par an », font savoir les écologistes parisiens.

Les écrans publicitaires dans le viseur de la mairie de Paris. Depuis plusieurs années, l’Hôtel de la ville fait la chasse à la publicité «sauvage» et aux enseignes lumineuses qui ne respecteraient pas les règles. Si les panneaux numériques sont interdits dans l’espace public, les régies publicitaires contournent la législation et inondent depuis un certain temps les vitrines, d’écrans numériques. Une pratique qui pourrait cesser.

Ce lundi, les parlementaires examinent un projet de loi donnant plus de pouvoir aux élus locaux pour lutter contre les panneaux numériques dans les vitrines, note Le Parisien. Car la mairie a bien essayé de s’attaquer au phénomène. En vain.

La mairie à court de recours

En octobre 2020, la mairie de Paris a verbalisé cinq régies publicitaires pour « infraction au règlement local de publicité (RLP) ». Mais les initiatives peinent à aboutir. « Nos recours n’aboutissent pas », explique au Parisien, Emmanuel Grégoire premier adjoint d’Anne Hidalgo. « En 2009, il y a eu l’arrêt Zara qui nous a déboutés. Nous avions mis cinq amendes pour tester la jurisprudence et nous avons perdu en référé et en première instance. Mais les publicitaires détournent la loi car leurs écrans sont visibles de la rue, donc de l’espace public. »

L’exécutif parisien, allié aux écologistes qui prônaient durant la campagne des municipales une ville sans publicité, veut s’attaquer à ces écrans estimés au nombre de 3.000. « Comme l’écologie est aussi une bataille contre les excès de la consommation et pour une économie décarbonée, nous nous attaquerons à la publicité numérique », avaient insisté Anne Hidalgo et David Belliard dans une tribune commune publiée dans le JDD, en juin dernier.

« On ne trouve jamais de publicité pour le commerce local »

« Un panneau numérique de deux mètres carrés consomme 7.000 kilowattheures
(kWh) par an, ce qui est du même ordre que la consommation annuelle d’un foyer de trois
personnes, comme l’indique la proposition de loi de Delphine Batho visant à interdire la
publicité numérique », font savoir les écologistes parisiens qui demandent aussi régulièrement au Conseil de Paris le retrait des écrans de publicité numérique dans les stations et couloirs du métro.

Et de préciser : « A la dépense énergétique inutile de ces écrans, s’ajoute le coût environnemental de leur production, la fabrication des écrans numérique participant aux destructions écologiques par la surconsommation des ressources ». D’autres communes ont récemment déclaré la guerre aux écrans dans la rue.

Il y a quelques jours, Bruno Bernard, le président EELV de la métropole de Lyon a indiqué vouloir interdire les écrans de publicité numérique « énergivores » dans l’espace public. Il a précisé qu’il allaut résilier les contrats avec plusieurs opérateurs privés afin de limiter la surface des panneaux publicitaires. « Sur ces grands panneaux, on ne trouve jamais de publicité pour le commerce local que l’on souhaite développer et aider », a-t-il expliqué à Villeurbanne au pied d’un panneau publicitaire de 8 mètres carrés destiné à être démonté dans les jours à venir.