Grand Paris : Des sous-traitants feraient passer des terres polluées comme étant saines

ENVIRONNEMENT Selon « Complément d'enquête », des sous-traitants du chantier du Grand Paris contournent la réglementation sur le stockage des terres polluées

S.P.

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Sur le chantier du Grand Paris
Sur le chantier du Grand Paris — Auteur / Source / Crédit Thomas SAMSON / AFP

Des terres présentées comme « inertes », c’est-à-dire non polluées, dont l’analyse révèle pourtant un taux de sulfate – nocif pour l’homme dans l’eau potable – neuf fois supérieurs à la législation en vigueur. Dans un reportage diffusé jeudi, le magazine Complément d’enquête révèle que des sous-traitants du colossal chantier du Grand Paris contournent la législation sur le stockage des terres polluées. Quitte à mettre en danger la santé des Franciliens : cette terre est envoyée dans le lac d’une ancienne carrière, qui jouxte la Seine et ses nappes phréatiques.

Selon les journalistes, certains sous-traitants peu scrupuleux de ces chantiers colossaux - 200 km de lignes de métro, 68 gares soit près de 43 millions de tonnes de terre – trafiqueraient les résultats des analyses pour ne pas avoir à envoyer cette terre sur des sites de stockage, deux fois plus onéreux. Cette cargaison de terre, par exemple, contenait officiellement 1.800 mg de sulfate par kilo, soit très légèrement plus que le seuil légal, mais toléré par les autorités.

Interrogé, l’un des responsables de la société du Grand Paris reconnaît que malgré les garanties mises en place, le système repose en partie sur la confiance dans les opérateurs chargés de trier les terres. « S’il y a dans la chaîne des abus ou des déclarations mensongères, nous ferons les recours nécessaires, mais aujourd’hui, nous n’avons aucune alerte de ce genre », assure-t-il.