« Je n'ai pas les moyens d'avoir un rapport de force avec l'état »

Recueilli par Alexandre Sulzer

— 

Face au projet d'enfouissement de la RN 13, qui relie l'Etoile à la Défense, vous défendez un autre projet qui laisse les flux de desserte en surface. Mais le préfet d'Ile- de-France, Daniel Canepa, affirme que les études vous donnent tort...

A Neuilly, c'est sûr que davantage de voitures peuvent rouler sur trois voies enfouies que sur deux, comme je le souhaite.

Mais ce que montrent également les études, c'est que la trois voies n'est pas correctement dimensionnée par rapport à la porte Maillot et au pont de Neuilly, en amont et en aval, qui deviendraient alors des points de compression du trafic. Cela provoquerait également la saturation de l'A 14, de l'A 86... Mais ce n'est pas le sujet du préfet, qui a une commande : enfouir à Neuilly, conformément au débat public de 2006 [qui avait recueilli l'avis des riverains].

Avez-vous le sentiment d'être face à un Etat plus fort que vous ?

Ce n'est pas qu'une impression. Je n'ai pas les moyens d'entrer dans un rapport de force avec l'Etat.

L'Etat, ou votre rival, Jean Sarkozy, qui défend l'enfouissement total ?

L'Etat. Mais le projet Axe 13, que je défends, n'est pas le projet de Fromantin face à untel ou untel. C'est une vision de territoire contre un cahier des charges lié à un problème local. On parle d'un sacré projet, à 1 milliard d'euros. Il doit être transparent. C'est pour cela que ma mairie a lancé le site www.rn13.fr avec toutes les variantes de projets.

Vous ne pensez donc pas qu'Axe 13 est mort ?

Non, car depuis 2006, il y a eu le Grenelle de l'environnement, le Grand Paris, la crise financière... Mon devoir d'élu est donc de rédiger de façon collaborative un projet plus détaillé, plus prospectif, que je soumettrai à l'Etat d'ici à un mois. Il n'en voudra peut-être pas, mais je continuerai à militer. ■