Coronavirus à Paris : Comment la mairie du 9e compte recycler tous les masques de l'arrondissement

VIS MA VILLE Après les mégots, la maire du 9e arrondissement de Paris, Delphine Bürkli (DVD), veut s’attaquer au nouveau fléau qui jonche les trottoirs : les masques chirurgicaux

R.L.
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Un bac pour recycler les masques à la mairie du 9e.
Un bac pour recycler les masques à la mairie du 9e. — Mairie du Neuf
  • Le 9e arrondissement de Paris expérimente le recyclage de tous les masques usagés. Chirurgicaux, FFP ou tissu, ils peuvent ainsi être déposés dans ces bacs de collecte spécifique.
  • Ces masques usagés sont ensuite transmis à l’entreprise des Yvelines, Recnorec pour de la recherche scientifique et du recyclage.
  • La mairie du 9e souhaite également disposer ces bacs dans les écoles de l’arrondissement.

On les retrouve sur les trottoirs, à côté d’une poubelle, sur un banc, dans les parcs. Depuis le début de la crise sanitaire dû au Covid-19, les masques chirurgicaux sont sur tous les nez mais aussi souvent par terre dans la rue. La mairie du 9e arrondissement de Paris a donc décidé de s’attaquer à cette nouvelle pollution en lançant il y a quelques jours une expérimentation née d’une rencontre avec  la start-up yvelinoise, Recnorec, spécialisée dans le recyclage des plastiques supposés non recyclables dont font partie les masques à usage unique.

« La question du recyclage me passionne », affirme la maire du 9e arrondissement, Delphine Bürkli. En 2014, elle avait porté au Conseil de Paris sa volonté de lutter contre le problème des jets de mégots de cigarettes. Son expérimentation avait débouché sur l’installation de plusieurs  cendriers intégrés au mobilier urbain. Sept ans plus tard, elle a décidé de combattre un nouveau fléau et d’installer des bacs de collecte de masques à la disposition des habitants du 9e dans la cour de la mairie du 9e, dans le cadre d’une opération intitulée « Bas les masques ».

Décontaminés, recyclés, réutilisés

Tous les masques usagés – chirurgicaux, FFP, tissu – peuvent ainsi être déposés dans ces bacs de collecte spécifique. « Ces masques font désormais partie de nos vies. Et j’ai décidé de m’attaquer à ce nouvel objet, partenaire du quotidien. Et nos bacs sont déjà remplis », explique l’élue (DVD). Et pour cause. « Les masques chirurgicaux composés de polypropylène se dégradent en microparticules qui peuvent imprégner les sols, s’ils ne sont pas correctement jetés, et polluer à long terme les écosystèmes et nuire à notre santé », souligne-t-on à la mairie. Celle-ci transmet désormais les masques usagés à Recnorec pour de la recherche scientifique et du recyclage.

Repérée par la région Ile-de-France dans le cadre du budget participatif écologique et solidaire, l’entreprise basée à Plaisir récupère les masques. Ils sont alors laissés en isolement durant une semaine pour assurer leur décontamination. Puis sont recyclés en « matière saine et façonnable en atelier », note-t-on au sein de la start-up créée en 2018. Puis s’enclenche une étape de design et prototypage d’objets à partir du matériau issu du recyclage pour produire de nouveaux objets écoreponsables comme des composteurs. Car ce matériau peut notamment se substituer au bois. Mais pour l’entreprise aussi, il s’agit d’une expérimentation, avant le lancement de « la solution industrielle pour absorber masques et autres déchets plastiques à grande échelle ». « Début 2022, avec la première usine de production, 85.000 masques pourront être recyclés chaque jour », promettent-ils.

Du côté du 9e, la prochaine étape ce sont les écoles. Delphine Bürkli souhaite installer des bacs pour les masques dans les dix écoles primaires de l’arrondissement. « L’idée est de sensibiliser les élèves et plus globalement, je souhaite ne plus trouver de masques jetés par terre, dit-elle. Je veux rester optimiste mais ce masque n’est pas provisoire donc il faut trouver des solutions. »