Triangle de Gonesse : Rassemblement à Paris contre la gare « au milieu des champs »

MOBILISATION Cinq jours après l’évacuation de la « zone à défendre du Triangle de Gonesse

B.D. avec AFP

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Manifestation à Paris le 27 février 2021, pour s'opposer à la création d'une gare de métro du Grand Paris, à Gonesse, dans le Val-d'Oise.
Manifestation à Paris le 27 février 2021, pour s'opposer à la création d'une gare de métro du Grand Paris, à Gonesse, dans le Val-d'Oise. — Bertrand GUAY / AFP

Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées ce samedi à Paris pour s’opposer à la création d’une gare de métro du Grand Paris « au milieu des champs » dans le Val-d’Oise, cinq jours après l’évacuation de la « zone à défendre » du Triangle de Gonesse.

Sur la place Stalingrad (XIXe arrondissement de Paris), de nombreuses personnalités politiques de gauche et écologistes ont apporté leur soutien au Collectif pour le Triangle de Gonesse (CPTG). Aux pancartes « Gare de Gonesse, laisse béton », se mêlaient des drapeaux LFI, EELV ou encore Front de Gauche. « Protégeons les terres de Gonesse », a déclaré Clémentine Autain, la députée LFI, lors du rassemblement.

«On a besoin de terres fertiles en Ile-de-France»

« On projette dans nos imaginaires des centres commerciaux dont on a plus besoin. On a besoin de terres fertiles en Ile-de-France, car seuls 2 % des produits que l’on mange proviennent de cette région », a ajouté la députée de Seine-Saint-Denis. Selon Clémentine Autain, il s’agit « d’une bataille politique » qui doit s’opposer à celle de la présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse (Libres !), qui est « une droite libérale productiviste qui signe les accords de Paris et détruit des terres ».

Pour la sénatrice EELV Esther Benbassa, « la gare égarée au milieu des champs ne sert pas aux habitants. » « L’enjeu est de mettre de l’argent dans les transports du quotidien, qui sont le RER B et D », a expliqué Carlos Bilongo, militant et professeur en économie.

« La lutte n’est pas terminée »

Lors du rassemblement, les citoyens qui ont occupé la ZAD de Gonesse pendant 17 jours ont été applaudis. « C’était un moment de partage, le Triangle de Gonesse reste à défendre », a témoigné ému, l’un d’entre eux. « Nous craignons que le gouvernement se prononce pour une situation d’entre-deux, qui est de garder des champs et une gare, ce qui n’est pas compatible pour mettre en place le projet Carma » d’une coopérative agricole, s’est inquiété Bernard Loup, le président du CPTG. « Une procédure judiciaire est en cours, la lutte n’est pas terminée, le Triangle de Gonesse est toujours-là », a conclu le militant.

La ligne 17 doit relier Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) à l’aéroport de Roissy-CDG en 2030, en passant par le Triangle de Gonesse, où elle devait initialement desservir le méga-complexe commercial et de loisirs Europacity. Mais depuis qu’Emmanuel Macron a annoncé en novembre 2019 l’abandon de ce projet phare, le sort de ces 280 hectares de terres agricoles, stratégiquement situées à une quinzaine de kilomètres au nord de Paris, reste incertain.