Paris : Remodelé, le projet Bercy-Charenton va-t-il faire remonter le débat dans les tours ?

URBANISME La ville de Paris a lancé un appel à projet d’urbanisme transitoire concernant cet espace situé dans le 12e arrondissement

R.L.

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Le projet de Bercy Charenton
Le projet de Bercy Charenton — Mairie de Paris
  • Lors de l’entre-deux tours des municipales, les Verts et Paris en Commun avait trouvé un accord, comprenant la « remise à plat » du projet Bercy-Charenton.
  • La Ville de Paris a décidé de mettre en place un « comité citoyen Bercy-Charenton » ayant pour objectif de redéfinir les objectifs du projet d’aménagement.
  • Certains élus demandent un référendum sur le sujet.

Point de crispation notamment entre les Verts et les rangs d’Anne Hidalgo, le projet Bercy-Charenton dans le 12e arrondissement, revient sur le devant de la scène. Ce projet lancé dès 2008, voté en 2018 au Conseil de Paris, va à nouveau être remodelé. Et pour cause, les écologistes avaient obtenu dans le deal de l’entre-deux tours une « rupture avec la politique d’urbanisme menée ces dernières années » et la remise à plat du projet Bercy-Charenton notamment. La Ville de Paris vient de lancer un appel à projets d’urbanisme transitoire.

« La Ville de Paris, en partenariat avec son aménageur, la SEMAPA, SNCF Immobilier et Espaces Ferroviaires, lancent l’appel à projets "Reconquête urbaine du site Bercy-Charenton". Ce projet d’urbanisme transitoire devra permettre de faire découvrir ce site aux Parisiennes et aux Parisiens, mais également aux riverains afin qu’ils s’approprient le site en participant au développement et à la préfiguration de ses futurs usages », souligne l’Hôtel de Ville. 20 Minutes fait le point sur ce site parisien et cet appel à projets.

Quels sont les contours de ce projet transitoire ?

C’est environ 10.000 mètres carrés d’espaces extérieurs et 1.000 mètres carrés de bureaux qui seront mis à disposition des équipes. « L’appel à projets s’inscrit dans le cadre de la volonté forte de la Ville de Paris de développer des occupations temporaires », note la mairie. La collectivité et ses partenaires vont ainsi mettre en place un « comité citoyen Bercy-Charenton » ayant pour objectif de redéfinir les objectifs du projet d’aménagement. Ce comité citoyen, composé de 50 membres, sera recruté ces prochaines semaines par un institut de sondage indépendant. Plusieurs séances de travail thématique et visites du site seront prévues afin d’alimenter les discussions et de permettre d’aboutir à « un avis indépendant du comité citoyen » avant l’été.

Pourquoi le projet initial faisait-il débat ?

En 2018, avant son vote au Conseil de Paris, Bercy-Charenton était déjà sur le gril. Cet épineux sujet divisait fortement les élus, jusqu’à envoyer valser les traditionnelles divisions politiques. « C’est un des plus grands projets d’aménagement à l’échelle métropolitaine », se réjouissait de son côté Jean-Louis Missika, alors adjoint à la maire de Paris, chargé de l’urbanisme, et porteur du projet. Quatre mille logements (dont 57 % de logements sociaux) devaient ainsi être créés dans trois tours de 112, 115 et 146 mètres. A côté, trois autres immeubles de 85, 160 et 180 mètres, devaient accueillir des bureaux, des commerces et des locaux d’activités. Une véritable ville dans la ville qui concentrerait 9.000 habitants et 11.000 personnes venant y travailler quotidiennement. Mais la question de la densité, du manque d’espaces vert et de la hauteur des tours agitait les élus. Voté, le projet va finalement être revu. En cause : le deal des municipales 2020 et surtout la crise sanitaire et économique.

Que disent les opposants à la mairie de Paris ?

Si pour le moment, on ne sait dans quelle mesure ce projet va être « concrètement » remis à plat, certains élus déplorent toutefois la méthode. Les élus Les Républicains demandent même un référendum. « Sur un tel sujet qui touche profondément la physionomie de Paris, l’organisation d’un référendum auprès des Parisiens aurait tout son sens », explique au Parisien, Valérie Montandon élue (LR) du 12e arrondissement. En 2018, l’élue déplorait déjà le projet. « Anne Hidalgo a passé son mandat à bétonner, c’est son bouquet final », taclait-elle. Et de préciser « Elle refait de l’urbanisme des années 1950 avec des habitants que l’on entasse les uns sur les autres, sans tenir compte des effets néfastes. Le tout dans un contexte enclavé et trop dense ».