Paris : Une centaine de sans-abri hébergés après avoir occupé l’Hôtel-Dieu

GRAND FROID Cette occupation arrivait alors que la capitale traverse une semaine de grand froid, particulièrement difficile à vivre pour les sans-abri

20 Minutes avec AFP
— 
Un sans-abris, ici à Strasbourg. (illustration)
Un sans-abris, ici à Strasbourg. (illustration) — FREDERICK FLORIN / AFP

Ils ont finalement obtenu gain de cause, en étant placés dans la soirée en centre d’hébergement d’urgence ou en hôtel. Une centaine de sans-abri, principalement des migrants, ont occupé samedi après-midi l’hôpital de l’Hôtel-Dieu à Paris, avec « le collectif réquisitions », pour réclamer des hébergements alors qu’une vague de froid frappe la capitale. Les sans-abri et des dizaines de militants s’étaient donné rendez-vous à 13h30 devant l’hôpital situé sur l’île de la Cité, pour cette opération baptisée « On se met au chaud ».

« Les gens ont froid, c’est pour ça qu’on est là », a lancé en entrant Jean-Baptiste Eyraud, de l’association Droit au logement à l’agent de sécurité débordé. « Appelez Martin Hirsch [le directeur de l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris, l’AP-HP], ce qu’on veut c’est un hébergement stable pour tout le monde », a clamé le porte-parole du DAL. « Plusieurs ailes de l’Hôtel-Dieu sont vides. Si on ne nous propose pas de place d’hébergement, on reste là », a de son côté affirmé Jean-Jacques Clément, de l’association Solidarité migrants Wilson. « Nous avons fait une maraude jeudi soir et nous avons vu au minimum 400 personnes à la rue. Le 115 est saturé. Le dispositif dysfonctionne », a-t-il critiqué.

A la recherche de solutions pérennes

« On veut une refonte du système d’hébergement, on veut que les personnes aient des solutions pérennes. Il faut arrêter ce système où les personnes sont mises à l’abri un jour et remises à la rue le lendemain », a renchéri Yann Manzi d’Utopia56. Parmi les sans-abri se trouvaient des Afghans, dont Omid, 25 ans, qui dort dans les rues de la capitale depuis quatre mois. « En ce moment, je dors devant la gare du Nord avec quatre autres Afghans », a-t-il expliqué.

Moussa, un Ivoirien de 48 ans, passe lui la nuit dans le métro. « J’ai appelé le 115 plusieurs fois, mais ils ne répondent pas. Si on me proposait une place, bien sûr que je la prendrais : il fait trop froid dehors ». Le 24 janvier, le collectif avait déjà occupé une ancienne école maternelle du 16e arrondissement de Paris pour demander un hébergement pour environ 300 migrants. Ils avaient été mis à l’abri temporairement dans des gymnases parisiens puis orientés vers des centres d’hébergement.