Aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle : Le projet d’extension est abandonné, annonce Barbara Pompili

TRANSPORT Ce méga projet d’extension de l’aéroport Charles-de-Gaulle prévoyait une augmentation de 35 à 40 % du trafic

20 Minutes avec AFP

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L'aéroport de Roissy -Charles de Gaulle.
L'aéroport de Roissy -Charles de Gaulle. — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Le projet d’extension de l’aéroport parisien de Roissy Charles-de-Gaulle a été abandonné, jugé « obsolète » par le gouvernement à l’heure de la lutte contre le réchauffement climatique, a annoncé la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, au Monde, ce jeudi.

« Le gouvernement a demandé [à Groupe] ADP d’abandonner son projet et de lui en présenter un nouveau, plus cohérent avec ses objectifs de lutte contre le changement climatique et de protection de l’environnement », a expliqué la ministre à nos confrères.

« Une utilisation plus raisonnée de l’aérien »

Alors que ce projet passait par la construction à l’horizon 2037 d’un quatrième terminal pour augmenter la capacité de l’équipement de 40 millions de passagers par an, Barbara Pompili a estimé que « c’est un projet obsolète, qui ne correspondait plus à la politique environnementale du gouvernement et aux exigences d’un secteur en pleine mutation, tourné vers l’avion vert de demain ».

Ce chantier colossal au coût estimé entre 7 et 9 milliards d’euros, repoussoir de nombre d’associations de défense de l’environnement et d’élus locaux, ne sera donc pas lancé. Selon Le Monde, « le gouvernement demande désormais à Groupe ADP de proposer un tout autre projet, qui ne sera pas centré sur l’accroissement des capacités de Roissy ». « Nous aurons toujours besoin des avions, mais il s’agit d’être dans une utilisation plus raisonnée de l’aérien, et d’atteindre une baisse des émissions de gaz à effet de serre du secteur », selon Barbara Pompili.

Le trafic aérien fortement réduit avec la crise

Cette annonce intervient au lendemain de la présentation par le gouvernement de son projet de loi « climat et résilience » issu des propositions de la Convention citoyenne pour le climat, un texte vivement critiqué pour son «manque de muscle» par une partie de la gauche et des ONG. Le projet du nouveau terminal « T4 » avait déjà subi un revers en juillet 2020 lorsque l’Autorité environnementale avait constaté que « l’équation à résoudre » entre l’augmentation des vols, de la circulation routière et le respect des objectifs internationaux de la France en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre n’était « pas décrite ni posée de manière complète ».

La crise sanitaire mondiale, qui a réduit le trafic aérien à la portion congrue, a en outre jeté le doute sur la validité des projections sur l’accroissement continu des flux de voyageurs et donc la nécessité d’adapter les infrastructures. « Les extensions de capacité à Roissy aujourd’hui paraissent être un pari audacieux », avait alors jugé le ministre délégué aux Transports Jean-Baptiste Djebbari.