Paris : Tati Barbès, le siège de l’AP-HP ou encore un garage PSA vont devenir des logements

LOGEMENTS La mairie lance un appel à projets pour transformer des bureaux en logements, dans le cadre d’un concours « Réinventer Paris »

R.L.

— 

Il ne restera bientôt plus qu'un seul Tati en France, celui du quartier Barbès, à Paris.
Il ne restera bientôt plus qu'un seul Tati en France, celui du quartier Barbès, à Paris. — NICOLAS MESSYASZ/SIPA
  • Une première vague de sites pour l’appel à projets, lancé dans le cadre de l’opération « Réinventer Paris » a été présentée ce mardi.
  • Le célèbre magasin Tati du quartier Barbès, dont la crise sanitaire a précipité la fermeture, va être transformé partiellement en logements sociaux.
  • La Mairie de Paris souhaite actuellement transformer des bureaux en logements.

Il y a eu « Réinventer la Seine », « Réinventer les dessous de Paris », place désormais à un appel d’offres pour transformer des bureaux en logements dans la capitale. Un défi de taille et dans l’air du temps alors que la crise du Covid-19 est en train de faire muter l’univers du travail avec de nouvelles formes d’organisation et des bureaux de plus en plus obsolètes ?

« Il y a un ralentissement de la demande de bureaux et du coup il y a pour les investisseurs une crainte de pas relouer », souligne Emmanuel Grégoire, premier adjoint d’Anne Hidalgo. Selon l’Atelier parisien d'urbanisme (APUR), la ville compte 18 millions de mètres carrés de bureaux dont quelques-uns pourraient devenir dans les années à venir des logements. « Les mètres carrés de bureaux représentent un formidable potentiel de lieux à explorer », explique Emmanuel Grégoire, premier adjoint d’Anne Hidalgo.

De Tati à l’AP-HP en passant par PSA

Ainsi, la Ville a décidé de mettre sur la table une première vague de six sites - dont deux qui lui appartiennent – à repenser en logements, et notamment sociaux. Soit 60.000 mètres carrés au total. Et certains sont emblématiques de la vie parisienne.

On y trouve le siège de l’AP-HP de l’avenue Victoria (Paris Centre) qui représente 25.000 mètres carrés. Le garage Renault, situé quai de Grenelle (15e arrondissement), que le groupe a décidé de vendre. Un site universitaire rue de Bernardins (5e arrondissement), qui fait 900 mètres carrés. Un ancien centre de distribution électrique appartenant à la Ville de 5.000m2 situé rue d’Aboukir (Paris Centre). Le garage PSA du 62 avenue de la République (11e arrondissement). Et enfin, l’ancien iconique magasin Tati à Barbès (18e arrondissement). « Barbès sans Tati, ce n’est plus Barbès », indiquait-on auprès de 20 Minutes, dans le quartier en 2017, lorsque la célèbre enseigne griffée d’un vichy rose et blanc, âgée alors de presque 70 ans, était en mauvaise posture et qui a été  achevée définitivement par la crise sanitaire et économique.

Des exigences urbaines, environnementales et esthétiques

« Site emblématique de l’histoire parisienne de la fin du 19e avec la brasserie Dupont, aux magasins Tati à partir des années 1950, la mutation de ce site doit s’inscrire dans une évolution raisonnée, et en lien avec l’histoire populaire de ce quartier », note la Mairie de Paris. Avec une surface de 6.500 mètres carrés l’objectif est de repenser l’espace en logements, et notamment social.

« Pour chaque site, la Ville précisera les orientations urbaines et programmatiques, résultant des attentes croisées et partagées des propriétaires et la municipalité », note la ville. Ce concours devra répondre à des exigences urbaines, environnementales et esthétiques. Et à une faisabilité économique. Pour chaque immeuble, un jury sera amené à se réunir deux fois. D’autres sites pourraient entrer dans la compétition. « La mairie se tient à la disposition de potentiels vendeurs », lance Emmanuel Grégoire. L’objectif de son collègue, Ian Brossat, l'adjoint PCF au logement, est « d’aller beaucoup plus loin et faire davantage dans la mandature qui s’ouvre » que les 350.000 mètres carrés de bureaux transformés en logements pendant le premier mandat d’Anne Hidalgo.