Paris : Un nouveau modèle d’hébergement d’urgence vient d'ouvrir dans le 14e

SOCIAL Après l’ouverture d’une résidence sociale à Montrouge (Hauts-de-Seine) en décembre dernier, le groupe immobilier Galia et le Samusocial de Paris ont fait émerger une autre structure du même calibre dans le 14e arrondissement

R.L.

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Une chambre de la résidence Ariane dans le 14e arrondissement
Une chambre de la résidence Ariane dans le 14e arrondissement — Luc Boegly
  • A l’angle des rues Ridder et Vercingétorix, Galia vient de livrer sa deuxième résidence pour le Samusocial de Paris qui accueille 37 logements.
  • Ces logements sont pensés pour préserver l’intimité de chaque famille, notamment avec des coins parents et de coins enfants bien délimités.
  • « Nous voulions mettre notre savoir-faire au service de l’hébergement d’urgence », explique Brice Errera, président du groupe Galia.

Allier le pratique et l’esthétique à l’urgence. Après l’ouverture d’une résidence sociale à Montrouge (Hauts-de-Seine) en décembre dernier, le groupe immobilier Galia et le Samusocial de Paris viennent de faire émerger, après deux ans de travaux, une autre structure du même calibre à Paris, dans le 14e arrondissement, pour les familles les plus précaires. Ce deuxième projet nommé Ariane, qui a pris forme en lieu et place d’un ancien immeuble tertiaire réhabilité et surélevé par l’agence d’architecture CoBe, propose désormais sur 1.580 m2, 37 logements et des espaces de vie communs pour les résidents. Soit à destination de 37 familles, souvent migrantes, qui n’avaient jusqu’ici pas de solutions.

Galia, entreprise spécialisée dans la promotion immobilière, le développement patrimonial et l’hôtellerie, a en effet décidé de s’engager en faveur d’hébergements sociaux plus qualitatifs pour les personnes les plus précaires. « Nous voulions mettre notre savoir-faire au service de l’hébergement d’urgence », explique Brice Errera, président du groupe Galia. Le but ? « Sortir de l’aspect lugubre que peuvent avoir certains centres. Ici, les gens peuvent avoir pendant deux ans le temps de se reposer dans de bonnes conditions et aussi le temps d’obtenir des papiers. » Une histoire qui avait débuté par une déception.

Cuisine, toilettes et services

« Nous avions rencontré le Samusocial lors d’un appel d’offres organisé sur un immeuble vendu par Orange rue de Navarin [dans le 9e arrondissement]. Il fallait répondre avec de l’hébergement d’urgence. Et être novateur. Nous avions perdu mais nous avions aimé travailler avec le Samusocial », détaille Brice Errera. Ensemble, ils se sont posé une question : Quel sera le visage du centre d’hébergement d’urgence de demain ? « Tout en sachant que la situation est catastrophique et que les personnes en situation de précarité sont logées dans les hôtels de préfecture », abonde Brice Errera. Et de préciser : « Il faut imaginer une chambre qui fait 10-15 mètres carrés avec quatre personnes dedans, avec souvent des toilettes et une salle de bains sur le palier et un taux de rotation très fort. ». Galia et le Samusocial décident alors de se lancer dans le projet de Montrouge et du 14e arrondissement, à l’angle des rues Ridder et Vercingétorix.

Après plusieurs visites dans des centres d’hébergements de la région et des rencontres avec les résidents, Galia et le Samusocial ont défini un cahier des charges pour répondre au mieux aux attentes et aux besoins. Ainsi, ces nouvelles résidences sont équipées d’un coin cuisine et de toilettes dans chaque logement. L’appartement est aussi pensé pour permettre un peu plus d'intimité. Enfin, des parties communes sont situées au rez-de-chaussée, comme des bureaux pour les associations sur place, des laveries, et des systèmes de garde sont également à disposition au sein de l’immeuble. Le tout avec une « décoration soignée ».

« Se reconstruire dans un environnement valorisant »

« En associant expertise du social et expertise de la conception de programmes immobiliers, le partenariat entre le Samusocial de Paris et le groupe Galia construit peu à peu une offre d’hébergement de qualité et adaptée à la vie de famille », assure​ ​Vanessa Benoit​, directrice générale du Samusocial de Paris. « Ces nouvelles formes d’hébergement permettent aux familles de retrouver une sécurité, une stabilité et de se reconstruire dans un environnement valorisant pour une estime de soi souvent mise à mal », ajoute-t-elle.

Après avoir ouvert Ariane et l’immeuble de Montrouge qui accueille principalement des femmes qui ont subi des violences conjugales, Galia qui comptabilise 30 projets à Paris a d’autres programmes sociaux en cours. La prochaine étape est l’ouverture d’une maternité rue du soleil (20e arrondissement), pour les femmes enceintes ou venant d’accoucher et qui sont dans une situation précaire. Elles auront leur chambre, leur salle de bains et leur cuisine et disposeront de services au rez-de-chaussée. Les travaux débuteront en septembre.