Paris : Au Conseil de Paris, Rachida Dati accuse une « gauche complice de pédophilie et d’inceste »

VIOLENCES SEXUELLES L’élue LR Nelly Garnier a déposé un vœu pour la création d’une commission indépendante de lutte contre les abus de pouvoir et les violences sexuelles qui seraient commis par des élus parisiens. Il a été rejeté par la majorité et a mis le feu aux poudres

20 Minutes avec AFP

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Rachida Dati, maire du 7e arrondissement de Paris
Rachida Dati, maire du 7e arrondissement de Paris — Sebastien SALOM-GOMIS/SIPA

Un Conseil de Paris englué par les affaires d’accusations de viol et d’agressions sexuelles. Mardi, alors que l’exécutif a rejeté un vœu de l’opposition porté par l’élue Nelly Garnier qui demandait la mise en place d’une commission indépendante de lutte contre les abus de pouvoir et les violences sexuelles, qui seraient commis par des élus parisiens, sa collègue Rachida Dati (LR) s’en est violemment prise aux élus de gauche du Conseil de Paris.

« Gauche complice de pédophilie et d’inceste ! », a lancé la maire du 7e arrondissement, suscitant l’indignation de la majorité municipale qui a dénoncé des propos « diffamatoires ».

« C’est une honte »

« Impunité, silence, circulez il n’y a rien à voir, c’est une honte », s’est emportée Rachida Dati, présidente du groupe «Changer Paris» au premier jour du Conseil de Paris. « Complices de viol, complices de pédophilie, complices d’inceste, oui je le maintiens. »

Ses propos ont suscité l’indignation dans les rangs de la majorité où le président du groupe communiste et citoyen, Nicolas Bonnet Oulaldj, a demandé des excuses à l’ancienne garde des Sceaux pour ses propos relevant de la « diffamation », avant d’obtenir une interruption de séance.

Un peu plus tôt, Nelly Garnier avait indiqué avoir « honte » pour la gauche mondaine qui aura tout couvert.

« Pour cette gauche, ce n’est jamais du viol c’est de l’amour, ce n’est jamais de la pédophilie, c’est de l’art, c’est de la littérature, depuis des mois les débats au sein de ce conseil sont pollués par votre incapacité à agir », avait-elle ajouté.

« La Ville de Paris mène une politique de tolérance zéro »

La majorité municipale parisienne a été éclaboussée ces derniers mois par plusieurs accusations de viol, dont celles visant Christophe Girard, l’ancien adjoint à la Culture, classées sans suite depuis par la justice en raison de la prescription des faits. L’ex-bras droit d’Anne Hidalgo avait été contraint à la démission en juillet 2020 de son poste d’adjoint en raison de ses liens avec l’écrivain accusé de pédophilie Gabriel Matzneff.

« La Ville de Paris mène une politique de tolérance zéro contre les violences sexuelles et sexistes depuis des années », a assuré Hélène Bidard, adjointe à la maire de Paris en charge de l’égalité femmes-hommes.

Sur la question de l’exemplarité des élus, « je pense qu’on peut s’accorder pour dire que sur chaque banc de cet hémicycle il y a probablement des progrès à faire », a souligné de son côté l’élue EELV Raphaëlle Rémy-Leleu dont le groupe s’est abstenu sur le vœu de Nelly Garnier. « On peut travailler à des dispositifs plus contraignants et plus innovants pour assurer de la déontologie des élus face aux accusations, au harcèlement sexuel et aux agressions », a-t-elle ajouté.