Paris : « Les Verts tiennent Anne Hidalgo », estime Christophe Girard exclu de la majorité

POLITIQUE L’ancien adjoint d’Anne Hidalgo, Christophe Girard exclu du groupe Paris en commun, sera présent sur les bancs du Conseil de Paris qui s’ouvre ce mardi, mais isolé

R.L.

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Anne Hidalgo et Christophe Girard à Paris, le 4 octobre 2019.
Anne Hidalgo et Christophe Girard à Paris, le 4 octobre 2019. — AFP

La riposte. Dans un long entretien au Parisien, Christophe Girard, ancien adjoint d’Anne Hidalgo, exclu la semaine dernière du groupe Paris en Commun, a décidé de revenir sur la situation. Alors qu’il s’apprête à siéger au Conseil de Paris qui s’ouvre ce mardi, en tant qu’élu « non-inscrit », il dit avoir vu « venir le coup ». « On m’y préparait comme on prépare son vieux père qu’on va installer à l’Ehpad. J’ai pu observer la délicatesse de leurs propos et leur naïveté de penser que cela ne se voyait pas », explique-t-il au quotidien.

L’ancien Monsieur Culture de la ville et fidèle parmi les fidèles d’Anne Hidalgo, accusé de viol dans une affaire classée sans suite, et entendu dans l’enquête « pour viols sur mineurs » visant l'écrivain Gabriel Matzneff , avait décidé d’opérer un grand retour dans l’assemblée en ce début d’année. Alors que le collectif féministe Les Grenades appelait à une mobilisation devant les fenêtres de la mairie, le groupe Paris en Commun acculé et mis sous pression au risque d’affaiblir davantage sa coalition avec les Verts, a décidé d’agir et d’exclure Christophe Girard.

« J’ai été un paratonnerre »

« Je me suis dit qu’elle [Anne Hidalgo] prenait peur. Les Verts la tiennent, elle leur a cédé une première fois en acceptant ma démission d’adjoint et maintenant une deuxième. Je sais qu’elle est acculée car, pendant des mois, elle m’a beaucoup défendu mais son entourage lui a dit que la situation était intenable. J’ai été un paratonnerre », détaille-t-il auprès du Parisien. Et de préciser qu’il votera désormais au sein du Conseil en son « âme et conscience comme un élu libre. Je n’aurai plus à suivre les consignes de vote comme dans le passé où j’ai pu voter contre mes convictions. » Les Verts restent sur leur garde.

« J’espère que d’ici mardi, quelqu’un parviendra à lui faire entendre raison. On aimerait éviter que le Conseil de Paris soit focalisé là-dessus », estime Fatoumata Koné, présidente du groupe EELV au Conseil de Paris. « Il a le droit d’être conseiller de Paris, il est élu. Mais sa parole est-elle légitime ? », abonde sa collègue Raphaëlle Rémy-Leleu, qui avait, avec l’élue Alice Coffin​, précipité sa chute, mais aussi leur propre « exclusion » temporaire de la majorité pour avoir osé parler. « En tout cas, ce serait dommageable qu’il vienne s’exprimer dans un contexte marqué par l’importance de respecter la parole des victimes. Ces sujets ne doivent pas être mis sous le tapis. »

« Le mouvement de la libération de la parole est un mouvement essentiel mais pour les vraies victimes. Moi j’ai été victime d’un tir au pigeon sadique permanent et je n’ai pas pu me défendre pendant les trois mois qu’a duré l’enquête. La culture de la dénonciation qui est en marche me rappelle beaucoup l’épuration dans la Chine de Mao », réagit Christophe Girard qui indique se consacrer à l’écriture de deux livres : Un sur ses années Saint-Laurent, un autre sur son « journal d’élu ».