Comment l’Ile-de-France veut aider les 20.000 jeunes apprentis sans employeur de la région

FORMATION Valérie Pécresse, la présidente de la région Ile-de-France veut mettre en place une action de partenariat pour permettre aux jeunes en apprentissage sans employeur d’intégrer une formation

R.L.

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Un apprenti dans l'entreprise qui accueille son apprentissage. (Illustration)
Un apprenti dans l'entreprise qui accueille son apprentissage. (Illustration) — ALLILI MOURAD/SIPA
  • Plus de 40.000 jeunes en apprentissage n’ont actuellement pas d’employeurs en France dont la moitié en Ile-de-France.
  • La région « a décidé de proposer une alternative pour rebondir et qu’ils trouvent un emploi », annonce la présidente de la collectivité Valérie Pécresse en proposant aux élèves sans apprentissage « d’intégrer une formation professionnelle ».
  • L’association nationale des apprentis de France (Anaf) souhaite « que les jeunes restent dans leur centre de formation jusqu’à la fin de l’année scolaire » et ce, « même sans employeur ».

L’apprentissage mis à mal par le coronavirus. Affaiblies par le contexte incertain, de nombreuses entreprises, des PME notamment, ont préféré s’écarter des filières de l’apprentissage pour les jeunes qui payent actuellement un très lourd tribut des conséquences de la crise sanitaire. Résultats ? De nombreux apprentis se retrouvent toujours actuellement sans employeur. Ils sont plus de 40.000 dans cette situation en France dont la moitié en Ile-de-France, selon les chiffres de la région.

Si en 2020, plus de 440.000 contrats d’apprentissage avaient été signés après une hausse de 16 % entre 2018 et 2019, la situation n’a fait que de se dégrader et le 1er mars prochain, elle pourrait devenir « alarmante ». « A compter de cette date, des jeunes seront sans solution, si rien n’est fait rapidement pour leur permettre de rebondir. Un tel résultat constituerait un énorme gâchis au plan collectif », a réagi la présidente de la région, Valérie Pécresse dans une lettre envoyée cette semaine à l’opérateur de compétences des entreprises de proximité (Opco). Elle demande « qu’une action de partenariat soit mise en œuvre » permettant aux jeunes d’« intégrer une formation professionnelle débouchant sur un diplôme équivalent ».

« La situation est compliquée et angoissante pour ces jeunes »

« Le 1er mars, le couperet va tomber. Jusqu’ici, l’Etat permettait de maintenir les élèves sans contrat. Mais les 20.000 élèves toujours sans employeurs en Ile-de-France risquent de se retrouver sans solution. Ils auront perdu six mois. On ne veut pas cela », insiste la présidente de la région auprès de 20 Minutes. « On a décidé de proposer une alternative pour rebondir et qu’ils trouvent un emploi », ajoute celle qui répète également refuser le principe de RSA Jeune. « Dès le 1er février on va permettre à ces jeunes en CFA mais sans employeur d’intégrer une formation professionnelle qui débouchera sur un diplôme équivalent grâce à un accompagnement spécifique ». Ainsi, la région compte mettre à disposition son catalogue de plus de 2.000 types d’actions de formation qualifiante ou certifiante jusqu’à des diplômes de niveau master.

Par ailleurs, si le projet ne collait pas avec l’offre, le dispositif d’aide individuelle (Aires) peut permettre de financer toute formation jusqu’à 14.000 euros. Dans les deux cas, l’élève sera stagiaire de la formation professionnelle et « percevra la rémunération prévue à cet effet, sur un barème en passe d’être revalorisé de 310 euros à 500 euros pour tous les jeunes de 18 à 25 ans », fait savoir la région. Les jeunes peuvent également bénéficier de 1.000 euros de prime régionale s’ils s’inscrivent dans une formation d’un métier en tension : le sanitaire et social, le numérique, l’industrie et le bâtiment. « En tout cas, ce basculement de l’apprentissage à la formation professionnelle leur permettra de ne pas perdre un an », reprend Valérie Pécresse.

L'association nationale des apprentis de France (Anaf) confirme le chiffre de « 38.000 jeunes en apprentissage sans employeur, un chiffre élevé », mais estime que la solution de Valérie Pécresse doit intervenir davantage dans un second temps. « Nous, nous souhaitons que les jeunes restent dans leur centre de formation jusqu’à la fin de l’année scolaire. L’idéal serait de terminer ce qu’ils ont commencé, même sans employeur, car ils peuvent encore en trouver un et surtout ça peut encore valoriser leur CV sans engendrer de nouveaux frais », développe Aurélien Cadiou, son président auprès de 20 Minutes. Il souligne : « La situation est compliquée et angoissante pour ces jeunes. Sachant que le contexte est toujours aussi inquiétant. »