RATP : Les conducteurs de bus devront-ils travailler « 52 minutes de plus par jour », comme le demande Valérie Pécresse ?

TRANSPORTS L'ouverture à la concurrence de la RATP doit commencer par son réseau autobus, à partir du 1er janvier 2025

20 Minutes avec AFP

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Valérie Pécresse, à Bobigny le 26 Novembre 2020
Valérie Pécresse, à Bobigny le 26 Novembre 2020 — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Moins de rigidité, plus de souplesse. C’est ce que souhaite Valérie Pécresse. La présidente d’Ile-de-France Mobilités (IDFM) a demandé au gouvernement de réécrire un projet de décret « trop rigide » sur l’ouverture à la concurrence du réseau autobus de la RATP afin d’y introduire de la souplesse pour l’application des 35 heures, a-t-elle expliqué mercredi.

« Ce que je demande, c’est qu’il y ait la possibilité de faire des accords d’entreprise pour négocier le passage aux 35 heures de manière souple », de « renvoyer à des négociations d’entreprise » la mise en place des 35 heures, a déclaré Valérie Pécresse. L’ouverture à la concurrence de la RATP doit commencer par son réseau autobus, à partir du 1er janvier 2025.

« Toutes ces rigidités seront très complexes à gérer »

Dans un courrier adressé la semaine dernière au ministre des Transports, Jean-Baptiste Djebbari, Valérie Pécresse demande que ce projet de décret « puisse être réécrit car il ne permet pas l’ouverture à la concurrence dans de bonnes conditions et va dégrader la qualité des transports ».

« C’est la loi » d’orientation des mobilités (LOM) « qui prévoit que le temps de travail des conducteurs de bus » de la RATP « passe de 30 à 35 heures » hebdomadaires avec l’ouverture à la concurrence, soit « 52 minutes de plus par jour », a-t-elle souligné. Mais cela « suppose de rendre possible une augmentation » du temps de travail, a-t-elle ajouté, en critiquant « toutes les contraintes mises dans le décret ».

Le projet de décret « est trop rigide » et « toutes ces rigidités seront très complexes à gérer » par les entreprises de transports, qui « ne pourront pas mettre les heures là où elles seront nécessaires », ce qui engendrera « des difficultés pour organiser le service », a estimé Valérie Pécresse, qui craint en conséquence « une dégradation du service ».

« Ce n’est pas du tout l’esprit de la mise en concurrence »

« Ces rigidités ne permettront pas de négocier des accords au niveau local », dans les entreprises, pour amener les conducteurs à « travailler 35 heures en échange d’augmentations de salaire », grâce à « des accords gagnant-gagnant », a jugé la présidente de l’autorité régionale des transports, en qualifiant le projet de décret d'« enfer bureaucratique version transports ».

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Ces « normes hyper rigides », ce « n’est pas du tout l’esprit de la mise en concurrence. […] Je veux que la loi soit respectée, les 35 heures sont dans la loi. On demande juste que la loi puisse être appliquée », a-t-elle insisté. Le projet de décret est « tellement normé que les entreprises n’auront aucune marge de manœuvre pour organiser le service », a-t-elle protesté, et « au bout du compte, ça va rigidifier les conditions de travail dans les entreprises », ce qui « peut être contraire aux intérêts des salariés ».