Sortir son animal de compagnie est un motif de déplacement valable.
Sortir son animal de compagnie est un motif de déplacement valable. — Jeanne Accorsini/SIPA

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Couvre-feu en Ile-de-France : Les courses, dernier « loisir » des Franciliens et des Franciliennes ?

Depuis samedi, la France a commencé à appliquer un couvre-feu généralisé à 18 heures. Comment les Franciliennes et Franciliens s’adaptent dans leur quotidien ? Ils racontent comment ils ont adapté leur mode de vie

  • Pour beaucoup avec le couvre-feu à 18 heures, pas d’autres choix que de se tourner vers les courses le week-end​, dans « la foule » et la « cohue ».
  • Du côté des loisirs, c’est forcément très limité. Soirée pyjama pour les uns, mais dès 18 heures, d’autres se mettent aux footing matinaux. Mais en plein hiver, ça pique.

« Notre quotidien se résume juste au travail », se désole Mélanie. « Pour moi, c’est métro, boulot, dodo », déplore également Coralie. Car désormais la règle est claire : C’est 18 heures à la maison partout et pour tout le monde. Depuis samedi, la France a en effet commencé à appliquer un couvre-feu généralisé « pour au moins quinze jours », comme l’avait annoncé le Premier ministre Jean Castex. Les 12 millions de Franciliens et de Franciliennes se plient à la règle depuis maintenant quelques soirs. Entre adaptation et résignation.  A l’occasion d’un appel à participatif lancé par 20 Minutes auprès d’eux, ils racontent. « Nous n’adaptons pas notre vie, on ne la vit tout simplement plus », juge Yoan.

Pour beaucoup, pas d’autres choix que de se tourner vers les courses le week-end​, dans « la foule » et la « cohue ». « Travaillant de 9h15 à 19h15 du lundi au vendredi et ce, sans pause le midi, si on ajoute les trois heures de transports pour faire l’aller-retour, je n’ai pas d’autre choix que celui de faire mes courses le week-end. J’ai déjà peur du monde qu’il va y avoir », explique Laurie. « Pas de temps pour avoir une vie personnelle, on part à 8h30 le matin et on rentre à 19h minimum le soir, […] les courses auront lieu le week-end dans la foule », abonde Mélanie.

Des courses sur la pause midi

« J’ai 26 ans et j’habite seule, je travaille du lundi au vendredi de 7 heures à 17 heures avec une heure de pause le midi, je n’ai plus le temps de faire mes courses, je ne vois presque plus mes amis, ni ma famille, le seul créneau possible pour des rendez-vous ou faire mes courses tout en évitant l’affluence du samedi est le vendredi entre 17 heures et 18 heures », note Tania. Et de préciser : « Je n’ai clairement plus de vie depuis le début de ce couvre-feu et la solitude commence à se faire ressentir… Espérons que la situation évolue rapidement ».

Certains tentent de gérer cette tâche sur la pause déjeuner. « J’ai déjà pris l’habitude de faire mes courses sur ma pause déjeuner pour éviter l’heure de pointe du supermarché le soir. Même si j’ai un peu peur que la fréquentation des magasins augmente beaucoup le midi », selon Judith. Car les commerces s’adaptent aussi. Beaucoup ferment habituellement durant l’heure de midi mais pourraient regagner une heure d’activité en restant ouvert à ce moment-là. « Certains ont même commencé à ouvrir une heure plus tôt » le matin pour compenser, a estimé dimanche le ministre des petites et moyennes entreprises (PME) Alain Griset.

« On continue d’inviter les copains, mais plus tôt »

Du côté des loisirs, c’est également et forcément très limité. Face aux contrôles de police qui se renforcent, les soirées « pyjamas » deviennent la règle pour certains. « Marre du couvre-feu et des confinements, on continue d’inviter les copains, mais plus tôt. Du coup, on est obligés de tenir toute la soirée jusqu’au petit matin », souligne Mathieu. Les cafés d’après-midi ont aussi remplacé les apéros. Pour Bruno, la question des regroupements avec ses amis ne se pose presque plus, c’est pour le sport qu’il tente davantage de s’adapter.

« Concernant les apéros, ça fait un moment que j’ai limité les choses, on se retrouve parfois à trois chez un voisin. Ce qui me pose le plus de problèmes c’est pour la course à pied. Je travaille dans la coiffure et j’avais l’habitude de courir le soir. Avec le couvre-feu à 18 heures nous avons aménagé nos horaires et je suis maintenant obligé de me lever assez tôt pour aller courir. Mais c’est un calvaire de se lever tôt le matin, surtout en hiver », détaille-t-il. Et ça ne changera pas avant le 31 janvier au plus tôt.