Manuel Aeschlimann jugé pour des contrats folkloriques

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Des liens troublants entre les prévenus ont été mis en avant, hier, lors de la première journée du procès pour favoritisme de Manuel Aeschlimann, ancien maire (RPR puis UMP) d'Asnières (Hauts-de-Seine) et actuel député (UMP), devant la 15e chambre correctionnelle de Nanterre.

En février 1998, alors qu'il est adjoint au maire en charge de la Communication, Manuel Aeschlimann confie, sans lancer d'appel d'offres, l'organisation d'un festival des « folklores et traditions populaires » au producteur Dominique Carbonnier. « C'était mon idée », avance celui-ci. Le contrat de 1,3 million de francs est annulé en avril par la préfecture des Hauts-de-Seine. C'est alors l'association paramunicipale Asnières Communication qui prend en charge le paiement et contourne l'obstacle. Or, d'octobre 1997 à février 1998, le dirigeant par intérim d'Asnières Communication était... Dominique Carbonnier.

Troublant également, Gérard Duché, gérant d'une société d'imprimerie - Cirnov - et d'une entreprise de conseil en communication, a touché une partie des 1,3 million de francs pour son travail de « présentation aux élus ». Or, Manuel Aeschlimann a été salarié de ces deux sociétés entre décembre 1995 et avril 1996. Son travail consistait notamment à « apporter des marchés publics à l'imprimerie ». « Je suis un très mauvais commercial, mon passage est un épiphénomène », relativise l'élu à la barre. Cirnov a par la suite remporté des marchés publics à Asnières.

« N'êtes-vous pas gêné par tous ces liens consanguins ? », demande la présidente de la chambre. « Les gens se connaissent, oui, mais il ne faut pas y voir malice », répond le député. Demain, la défense devrait faire valoir le caractère « unique et culturel » du festival. Et justifier ainsi l'absence de marchés publics. ■Alexandre Sulzer