Ile-de-France : Insécurité, chômage… Quelles sont les craintes des Franciliennes et Franciliens ?

ETUDE L’Institut Paris Région a publié ce mardi son enquête 2019 « Victimation et sentiment d’insécurité en Ile-de-France ». C’est la pauvreté qui arrive dorénavant en tête des préoccupations

R.L.

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Illustration d'une agence pole emploi
Illustration d'une agence pole emploi — SIPA

Les Franciliens face à leur sentiment d’insécurité et leurs craintes. L'Institut Paris Région  a publié ce mardi la dixième édition de son enquête Victimation et sentiment d’insécurité en Ile-de-France. Plus de 10.500 Franciliennes et Franciliens âgés de 15 ans et plus, se sont exprimés sur leurs conditions de vie, et plus particulièrement celles qui touchent leur sécurité. Résultats :  Le sentiment d'insécurité repart à la hausse mais reste plus faible que la crainte de la pauvreté et du chômage.

Le sentiment d’insécurité touche 53,4 % des habitants

Si les données de 2017 montraient une amélioration dans de nombreux domaines, les indicateurs relatifs à la victimation et au sentiment d’insécurité sont dégradés dans l’édition de 2019, note l’Institut dans son enquête. Ce sentiment d’insécurité touche désormais 53,4 % des habitants, contre 50,6 % deux ans plus tôt. Les vols sans violence ressortent particulièrement : 12,7 % des personnes interrogées rapportent avoir été exposées au moins à un vol sans violence ou une tentative durant les trois années précédentes, contre 10,5 % dans l’enquête de 2017.

A noter que le taux de victimes dans la population a plus que doublé en huit ans. Les violences sexuelles sont toujours à la hausse et il s’agit quasi exclusivement de femmes. La crainte d’être agressé ou volé dans les différents modes de transport en commun est notamment en hausse. Ce qui justifierait le déploiement des caméras ? « L’engouement des Franciliens pour la télésurveillance en tant que dispositif de lutte contre la délinquance dans l’espace public ne cesse de croître au fil des enquêtes. En 2019, 75,3 % de la population régionale est favorable au déploiement des caméras de surveillance dans ces lieux », selon cette enquête financée par la région Ile-de-France, qui a fait de la vidéosurveillance une priorité. Mais l’insécurité arrive toutefois derrière la crainte de pauvreté et du chômage.

La pauvreté en tête des préoccupations

La pauvreté arrive dorénavant en tête des préoccupations, citée par 40 % des enquêtés, devant le chômage et, en troisième place, donc la délinquance. « Ce revirement intervient dans un contexte de lutte contre la baisse du pouvoir d’achat. Autre source d’inquiétude grandissante pour la population, la pollution », indique l’étude.

Dans les détails, parmi les Franciliens qui estiment que le terrorisme constitue le problème le plus préoccupant pour la société française en 2019, 20,7 % font part d’une inquiétude marquée envers la délinquance alors que 37,1 % sont davantage soucieux de la pauvreté et 30,5 % du chômage.