Plein aux as, le Nappy affiche ses atouts

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Rolex au poignet et jean Diesel, le Nappy affiche sans retenue ses signes extérieurs de richesse. Né de la contraction entre happy (heureux) et unhappy (malheureux), ce terme, inventé lors de la sortie du DVD éponyme (lire l’encadré), désigne une jeunesse d(i)orée de l’ouest parisien. Assumant tant bien que mal son American Express Platinium, le Nappy se cantonne dans des lieux stratégiques du 16e et ne saurait se mélanger au commun des mortels. Son QG : le café Rotonde de la Muette, Les Planches et Le Cabaret (préférez le « Cab »). Certains rebelles iront s’aventurer au Pulp, mais pas question toutefois de passer le périphérique. Quelques enclaves sont cependant autorisées, comme le Durand Dupont de Neuilly. Le Nappy retrouvera ensuite ses semblables sur zepeople.com ou planetultra.net. Côté look, malheur à celui qui dérogera à la sainte Trinité Gucci-Prada-Dior. La Converse est importée du Japon et se paye 1 500 e. Accessoire indispensable, le téléphone portable peut coûter 20 000 e, se change tous les trois mois, se perd si possible en boîte ou tombe dans les toilettes. Pas d’inquiétude cependant, il sera remplacé dès le lendemain grâce aux deniers parentaux. Le Nappy écoute les très originaux N.E.R.D. et Martin Solveig, lit Begbeider (dit « Beg ») et Lolita Pille, et se rend au Ken Club, centre de fitness suffisamment hors de prix pour n’y rencontrer que le sérail. Magali Gruet

DVD Le DVD Nappy, réalisé par Danakil, est disponible depuis février dans les Fnac et les Virgin Mégastore. Il présente une vingtaine de séquences sur la détresse de ceux qui ont tout. A regarder absolument au 16e degré.