Deux personnes mises en examen pour l'enfouissement illégal de déchets du chantier du Grand Paris

POLLUTION Les deux hommes sont accusés d'avoir permis l'enfouissements de terres polluées sur un terrain agricole

G. N. avec AFP

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Les déchets provenaient de chantiers du Grand Paris (illustration).
Les déchets provenaient de chantiers du Grand Paris (illustration). — ROMUALD MEIGNEUX/SIPA

Le chef de police municipale de Vaujours (Seine-Saint-Denis) et l’ex-directeur des services de la ville ont été mis en examen dans le cadre d’une vaste enquête sur l’enfouissement illégal de déchets du chantier du Grand Paris, a-t-on appris samedi de sources concordantes, confirmant une information du Parisien. Ces deux responsables sont poursuivis pour « extorsion en bande organisée et tentative, associations de malfaiteurs, trafic d’influence et différentes atteintes à l’environnement » et ont été placés sous contrôle judiciaire, a indiqué à l’AFP une source judiciaire.

Ils sont soupçonnés d’avoir permis l’enfouissement de terres polluées dans un terrain agricole appartenant à cette commune de 7.000 habitants. C’est un agriculteur, spécialisé dans la dépollution, qui a donné l’alerte après avoir été agressé et avoir vu son matériel incendié, a précisé à l’AFP une source proche de l’enquête. Selon cette même source, une société de terrassement a déposé des déchets bruts pendant deux ans sur un de ses terrains. D’autres terrains situés à Villeparisis, Liverdy-en-Brie (Seine-et-Marne) ou en Essonne ont subi le même sort.

Des liens avec le grand banditisme

La société de terrassement basée en Seine-Saint-Denis appartient à des personnes liées au grand banditisme, a encore rapporté la même source proche de l’enquête, ajoutant que les camions de gravats déversés sur les différents terrains pouvaient lui rapporter jusqu’à 60.000 euros par jour.

Le maire de Vaujours Dominique Bailly a également entendu mercredi dans le cadre de cette enquête ouverte par la juridiction interrégionale de Paris en 2018. Il n’a fait l’objet d’aucune poursuite à l’issue de son audition sous le régime de la garde à vue, selon une source judiciaire. Sollicité par l’AFP, l’élu n’était pas joignable samedi après-midi.