Paris : Un Conseil de Paris partagé sur une stratégie budgétaire « contrainte par la crise »

FINANCES Le Conseil de Paris s’ouvre ce mardi pour trois jours. Il sera principalement question du budget 2021 de la ville très fortement marqué la crise sanitaire, sociale et économique

R.L.

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L’hémicycle du Conseil de Paris à l'hôtel de ville.
L’hémicycle du Conseil de Paris à l'hôtel de ville. — Tristan Reynaud/SIPA
  • Avec un budget annuel en baisse la ville veut tout de même assurer son action municipale.
  • La droite dénonce un budget « obsolète dès lors qu’il sera signé ». Les élus critiquent également un exécutif qui « en vient à quémander des hausses d’impôts supplémentaires ».
  • « On continue de discuter avec les groupes, ils ont des demandes, c’est normal. Il nous revient de garantir un équilibre dans un contexte de contrainte budgétaire », défend Paul Simondon.​

Un trou dans la caisse. Avec une baisse de ses recettes et une dette qui se creuse estimée à 7 milliards d'euros, l’exécutif présente, lors du Conseil de Paris qui s’ouvre ce mardi pour trois jours, son budget de l’année 2021. Une séance houleuse en perspective. « Les discussions occuperont toute la journée de mardi. C’est un budget totalement marqué par la crise sanitaire, économique et sociale. L’impact de la crise est déjà très visible », explique Paul Simondon, adjoint aux finances d’Anne Hidalgo.

Plusieurs élus dénoncent un budget d’ores et déjà « obsolète ». Au sein même de la majorité d’Anne Hidalgo, les élus écologistes et communistes se laissent encore le temps de la réflexion avant de voter pour ou contre.

« Les réponses sont toujours les mêmes : des taxes ! »

Avec un budget annuel avoisinant les 10 milliards d’euros – dont un investissement de plus d’un milliard d’euros prévu pour la sortie de crise – la Ville veut tout de même assurer son action municipale. Notamment au niveau de l’emploi, de la solidarité, de la santé et de la sécurité avec la création de la police municipale. Mais les recettes ont pris un coup dans l’aile. « Nos recettes ont été très touchées par la crise et le seront encore en 2021 », indique Paul Simondon. Selon la mairie, les recettes ont diminué de 1,1 % et les aides de l’État comme pour les autres grandes villes peinent à arriver. Des hausses d’impôts et de taxes pourraient être mises en place pour combler le manque. Mais dans l’opposition de droite ce budget en baisse de 20 millions d’euros, sera « obsolète dès lors qu’il sera signé ». Ils critiquent également un exécutif qui « en vient à quémander des hausses d’impôt supplémentaires ».

« Nous avons déjà dit à quel point la ville avait tenté de masquer le mauvais état de sa situation financière. La Ville de Paris n’avait déjà plus les moyens d’aider les Parisiens et ce n’est pas fini. Anne Hidalgo fuit ses responsabilités, on a des recettes incertaines et des dépenses, elles, certaines », tacle Marie-Claire Carrère-Gée, élue Les Républicains au Conseil de Paris. « Les réponses sont toujours les mêmes : des taxes ! », déplore de son côté Maud Gatel, élue MoDem. « Là, on est en train de gratter l’os », ironise Danielle Simonnet (LFI). « Tous les secteurs baissent. La culture, le sport, les quartiers populaires. Sauf pour la police municipale », regrette-t-elle. Les Verts et les communistes attendent davantage de garantis avant de voter le budget.

« Il nous revient de garantir un équilibre »

« Nous serons en discussion avec l’exécutif sans doute jusqu’à lundi soir. Nous espérons que ça ira dans le bon sens pour défendre la transition écologique », fait savoir Fatoumata Koné, présidente du groupe écologiste de Paris. Les communistes espèrent que la copie soit en partie revue. « Nous sommes dans un contexte inédit, contraint. Notre seule marge de manœuvre est de baisser les dépenses non obligatoires », explique Nicolas Bonnet-Oulaldj, président du groupe PCF au Conseil de Paris. Le groupe déposera plusieurs amendements. « On continue de discuter avec les groupes, ils ont des demandes, c’est normal. Il nous revient de garantir un équilibre dans un contexte de contrainte budgétaire », défend Paul Simondon. Mais quels sont les prélèvements qui pourraient augmenter ?

Outre une augmentation de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires et une hausse de la taxe de séjour sur les meublées touristiques, le stationnement payant des deux roues motorisées dans la capitale, est également dans les tuyaux. Mais pour Pierre-Yves Bournazel, les « dérives budgétaires de la ville » ne peuvent pas tout permettre. « Nous sommes dans une période compliquée pour Paris. Dans cet exercice du budget, il faut trouver des solutions. Nous sommes opposés à toutes hausses de taxes et impôts pour les Parisiens », prévient l’élu du groupe Indépendants et Progressistes.