Paris : Où vont les 100 tonnes de feuilles mortes transportées sur la Seine ?

ECOLOGIE L’opération « feuilles sur Seine » s’est achevée ce jeudi avec le transport de plusieurs tonnes de feuilles mortes en péniche de Paris vers Gennevilliers

R.L.

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L'opération s'est déroulée ce jeudi matin  port de Bercy (12e arrondissement)
L'opération s'est déroulée ce jeudi matin port de Bercy (12e arrondissement) — Ville de Paris/DPE
  • Cent tonnes de feuilles mortes ont été transférées du port de Bercy au port de Gennevilliers.
  • Cette opération baptisée « feuilles sur Seine » a vocation à « valoriser les feuilles mortes pour des applications ultérieures ». Des opérations de ce type pourraient se reproduire dans la capitale.

Les feuilles mortes ont pris le large. L’opération « feuilles sur Seine » s’est achevée ce jeudi avec le transport de plusieurs tonnes de feuilles mortes en péniche. Cent tonnes de feuilles ramassées de début novembre à début décembre à Paris ont ainsi été regroupées au port de Bercy ce jeudi matin sur une barge Cemex, spécialement affrétée pour l’occasion et habillée d’une banderole « les feuilles mortes montent sur Seine ». Direction : un site de transfert du Syctom à Gennevilliers pour rejoindre un site de compostage industriel. Une opération inédite.

« Tout s’est bien passé. Les dernières feuilles ont été incorporées dans la barge et on a fait un départ vers 9 heures jusqu’au port de Gennevilliers », indique-t-on à la Cemex, entreprise de matériaux de construction qui a opéré le transfert. Habituellement utilisée pour l’approvisionnement en granulats de la capitale ou l’évacuation de déchets du BTP, la barge d’une capacité de 200 m3 a été remplie de feuilles mortes, représentant plus de 100 tonnes. Elle a ensuite été acheminée vers le port de Gennevilliers « où les feuilles seront prises en charge et valorisées pour des applications ultérieures. Elles pourront, par exemple, servir de matières secondaires pour d’autres activités comme la création d’espaces verts ou le maraîchage », note-t-on au sein de l’entreprise. Il aura suffi d’un aller simple pour transporter toutes ces feuilles en dehors de la capitale.

Vers une évacuation des sapins de Noël via la Seine ?

Cette opération avait notamment pour but de réduire les émissions de CO2 engendrées par les camions sur la route. Dix-huit allers-retours de bennes de collecte ont ainsi été évités, fait savoir la ville de Paris. Les agents de la DPE ramassent chaque année 4.500 tonnes de feuilles sur l’espace public. Pour la mairie, « c’est une expérimentation convaincante qui permet de mieux valoriser les feuilles mortes afin d’éviter leur incinération ». « Jusqu’à présent ces feuilles étaient envoyées en camion dans des usines d’incinération. Un non-sens écologique », explique Colombe Brossel, adjointe à la maire de Paris en charge de la propreté de l’espace public, du tri et de la réduction des déchets, du recyclage et du réemploi. « Désormais, elles vont être compostées et valorisées », ajoute-t-elle. Cette opération vient en complément de plusieurs initiatives pour mieux traiter les feuilles mortes. Dans le 16e arrondissement, un parc à feuilles mortes qui permet de valoriser également 450 tonnes de feuilles a été déployé.

A la suite de cette opération sur la Seine, la Cemex espère que ce type d’opération pourra être renouvelée sur de plus gros volumes en l’étendant éventuellement vers d’autres collectes, comme les sapins de Noël.