Paris : Plus de 70 élus demandent le départ du préfet Didier Lallement

POLITIQUE Soixante-douze élus parisiens demandent la démission du préfet de police Didier Lallement, à qui il est notamment reproché la gestion de l'évacuation des migrants place de la République, le 23 novembre

R.L.
Le visage du préfet de police Didier Lallement sur une banderole de la marche des libertés, le 28 novembre à Paris.
Le visage du préfet de police Didier Lallement sur une banderole de la marche des libertés, le 28 novembre à Paris. — Francois Mori/AP/SIPA

Didier Lallement vers la sortie ? Décrié dans sa gestion du maintien de l’ordre dans les manifestations parisiennes et au sujet de l’évacuation des migrants de la place de la République et après son récent soutien financier aux policiers du 17e arrondissement mis en examen dans l’affaire Michel Zecler, le préfet de police Didier Lallement est dans le viseur des élus parisiens.

Dans un courrier à Emmanuel Macron, 72 élus parisiens demandent sa démission. « Nous demandons, M. le Président, le départ de M. Lallement du poste de préfet de police de Paris », écrivent les élus écologistes, communistes ou encore membres des groupes Nous Démocratie et Générations. Et de préciser : « Nous vous écrivons ici en tant qu’élu.e.s parisien.ne.s car nous estimons que la présence de M. Lallement au poste de préfet de police de Paris non seulement n’est pas, comme l’exigerait sa fonction, une garantie de protection de la sécurité des Parisien.ne.s, mais plus encore qu’elle les met en danger. »

Soutenu par le gouvernement

« Avec 72 de mes collègues élu.e.s à Paris, nous disons qu’il y a de graves manquements dans la stratégie de maintien de l’ordre dans la capitale. Là où nous attendons de l’ordre et de l’apaisement, nous avons du désordre et des tensions. Le préfet Lallement doit démissionner », a expliqué sur Twitter, David Belliard, adjoint aux transports d’Anne Hidalgo. L’exécutif parisien est plus nuancé sur le sujet. Mardi sur Radio Classique, le premier adjoint Emmanuel Grégoire estimait qu’il n’y avait « pas de problème Lallement » mais plutôt « un problème avec la doctrine de sécurité ».

Pour Nicolas Bonnet-Oulaldj, président du groupe Parti communiste au Conseil de Paris, le problème est plus profond. « Nous sommes favorables à la démission du préfet Lallement. Mais on ne va pas régler le problème de fond, en changeant de préfet. Cela doit s’accompagner d’une modification de la doctrine du maintien de l’ordre », explique-t-il auprès de 20 Minutes.

Le Premier ministre Jean Castex a assuré mercredi que le préfet de police de Paris Didier Lallement et le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin avaient « toute sa confiance » après une série de violences policières. « Le préfet de police, comme le ministre de l’Intérieur, [ont] toute ma confiance », a-t-il affirmé sur BFMTV/RMC, soulignant que « s’il voulait changer des hauts fonctionnaires, il le ferait ».