Paris : L'IGPN accuse un commissaire d'« usage disproportionné de la force » sur un migrant

ENQUETE « Je prendrai des sanctions contre lui », a annonce Gérald Darmanin, en parallèle de la publication du rapport de l’IGPN condamnant le comportement de ce policier lors de l'évacuation du campement de la place de la République

20 Minutes avec AFP

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Deux hommes installés place de la République, avant l'évacuation violente par la police, le 24 novembre 2020.
Deux hommes installés place de la République, avant l'évacuation violente par la police, le 24 novembre 2020. — MARTIN BUREAU / AFP

Le commissaire divisionnaire qui a fait un croche-pied à un migrant en marge de l’évacuation controversée du campement de la place de la République à Paris lundi, a commis un « manquement par un usage disproportionné de la force », écrit l’inspection générale de la police nationale (IGPN), la « police des polices », dans un rapport rendu public ce jeudi.

« Ce commissaire qui fait ce croche-patte totalement injustifié, je prendrai des sanctions contre lui, je demande la réunion du conseil de discipline », a déclaré le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, invité du 20 heures de France 2, au même moment.

« Une fraction de seconde »

« L’action qui consistait à ralentir la progression d’un usager en prenant le risque de le blesser gravement par un croche-pied dans sa course, et alors que cet usager ne menaçait à ce moment ni les biens, ni les personnes, constitue un usage de la force qui ne pouvait se révéler conforme aux exigences de nécessité et de proportionnalité (…) », écrit l’IGPN dans son rapport.

« Ainsi, en ayant fait, sans doute en une fraction de seconde, le choix de ce geste, il a commis un manquement par un usage disproportionné de la force », ajoute l’IGPN. Gérald Darmanin avait demandé mardi à la police des polices de lui remettre « un rapport sous 48 heures » sur les violences observées lors de l’évacuation, parmi lesquelles ce croche-pied.

L’enquête sur les coups reçus par un journaliste se poursuit

S’agissant de l’enquête sur les coups qu’aurait reçus le journaliste du média en ligne Brut, Rémy Buisine, le rapport n’apporte pas de conclusion, les investigations n’étant pas terminées. « Des actes d’enquêtes restent à accomplir, des auditions, mais également la recherche et l’exploitation d’autres supports vidéos, notamment antérieurs à la scène afin de se prononcer sur d’éventuels manquements », écrit l’IGPN dans son rapport de synthèse.

Elle note que « le déroulé de l’action et sa chronologie tels qu’ils ressortent de ses (premières) auditions, ne sont ni corroborés ni infirmés par un témoin directement présent sur la scène ou par l’usager victime (le journaliste) qui n’a pas répondu aux sollicitations de l’IGPN ». « C’est évidemment faux, je reste à disposition des enquêteurs dans les plus brefs délais », a répondu Rémy Buisine, dans un tweet.