Confinement à Paris : Comment les grands magasins s’adaptent-ils à la réouverture ?

COMMERCES A partir de ce samedi, les commerces dit non essentiels rouvrent leurs portes. A Paris, les grands magasins dans la tourmente économique vont retrouver une partie de leur clientèle

R.L.

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Les vitrines des Galeries Lafayette ce 22 novembre 2020.
Les vitrines des Galeries Lafayette ce 22 novembre 2020. — CHINE NOUVELLE/SIPA
  • Le gouvernement a détaillé jeudi le « protocole sanitaire renforcé » voulu comme « simple, lisible » qui va accompagner la réouverture des commerces et rayons de produits dits « non essentiels » à partir de ce samedi.
  • Les grands magasins parisiens privés de touristes se disent prêts à rouvrir leurs portes en respectant le protocole.
  • « Ces enseignes savent y faire. Ils l’ont fait à la sortie du premier confinement au mois de mai. Ils avaient déjà mis en œuvre des bonnes pratiques. Ils ont l’expérience et le personnel pour », assure Yohann Petiot, directeur général de l’Alliance du commerce.

C’est reparti. Après l’intervention d’Emmanuel Macron, annonçant notamment la réouverture des commerces dits non-essentiels ce samedi, les grands magasins parisiens sont dans les starting-blocks. Les Galeries Lafayette, le BHV et le Printemps vont retrouver leur clientèle ce samedi à 10 heures après des semaines de fermeture liée au reconfinement ordonné pour enrayer la deuxième vague de Covid-19. Les vitrines et les illuminations sont prêtes mais qu’en est-il du protocole sanitaire et d’accès ? Alors que cette période des fêtes de fin d’année est si cruciale pour leur survie.

Le ministre de l’Economie Bruno Le Maire a annoncé que les commerces, qui rouvriront devront respecter la règle d'un client pour 8 m², contre 4 m² avant leur fermeture. Un couple ou une personne avec enfant(s) compte pour une personne. Il est recommandé d’avoir un sens unique de circulation et de ventiler le magasin. Le port du masque sera évidemment obligatoire et du gel hydroalcoolique sera également mis à disposition à l’entrée. Les commerces de plus de 400 m², comme les grands magasins, devront enfin prévoir un système de comptage. Ils « devront prévoir une personne ou un système de comptage pour garantir le respect de la jauge à l’intérieur du magasin », a souligné le ministre Alain Griset, le ministre délégué aux PME. Avec comme conséquence des files d’attente monstrueuses ?

« Nous allons nous adapter »

« Nous allons nous adapter à cette jauge. Et il y aura un travail de fluidification à l’entrée mais nous étions déjà sur des protocoles strictes, donc il ne devrait pas y avoir de grands changements », indique-t-on au sein du groupe Galeries Lafayette, qui comprend également le BHV Marais, contacté par 20 Minutes. De son côté, le Printemps n’a pas répondu à nos sollicitations. Mais, l’Alliance du commerce – qui rassemble l’Union du grand commerce de centre-ville, la Fédération des enseignes de l’habillement et la Fédération des enseignes de la chaussure – assure que les commerces parisiens et notamment les grands magasins sont prêts.

« Ces enseignes savent y faire. Ils l’ont fait à la sortie du premier confinement au mois de mai. C’est même eux lors du premier déconfinement qui avaient imposé le port du masque à leurs clients alors que ce n’était pas obligatoire. Ils avaient déjà mis en œuvre des bonnes pratiques. Ils ont l’expérience et le personnel pour », assure Yohann Petiot, directeur général de l’Alliance du commerce. Concernant les potentielles files d’attente devant les magasins, il nuance. « Les grands magasins n’ont plus de clientèles touristiques internationales, ils sont déjà à un niveau de fréquentation très bas et les magasins sont grands, donc je ne suis pas certains qu’ils atteignent leur jauge maximum. Si c’est le cas, ils organiseront des files d’attente dans le respect de la distanciation sociale. Après, pour les clients qui le peuvent, il est préférable de se rendre en magasin dans les heures plus creuses », détaille Yohann Petiot.

Du côté des horaires, « a priori ça ne change pas », note l’Alliance. Les magasins indiquent qu’ils seront ouverts jusqu’à 20 heures. Et ce, également le dimanche. « On verra aussi comment les clients réagissent. C’est une grande inconnue », dit-il. Une chose est sûre, cette réouverture est vitale pour les commerces et même pour ces institutions parisiennes.

« Des impacts »

« Cette réouverture est une excellente nouvelle, on l’a suffisamment demandé, travaillé pour, pour qu’on puisse s’en réjouir. Cela permet d’avoir quatre week-ends avant Noël et d’essayer de sauver un peu la fin du mois de novembre et de sauver les fêtes », rappelle Yohann Petiot. Et de préciser : « Pour autant, on rouvre avec un protocole sanitaire renforcé, qui aura des impacts sur certains commerces en termes d’activités. Il faudra tirer un bilan de tout ça. Ça aura forcément un impact sur la santé financière des entreprises », conclut Yohann Petiot.

Il y a une semaine, le directeur général des Galeries Lafayette et du BHV/Marais, Nicolas Houzé, a annoncé sur BFM Business que le chiffre d’affaires du groupe « sera divisé par deux » cette année. Et pour cause, « les Galeries Lafayette, plus que le BHV, sont vraiment à la confluence des deux métiers qui sont les plus touchés à l’heure actuelle par la crise », à savoir « le tourisme et le commerce », a-t-il souligné précisant que le retour au niveau d’avant-crise n’était pas attendu « avant 2024 ».

Le Printemps, lui, rouvre ce samedi mais en étant déjà victime de la crise. En novembre, le groupe a annoncé la fermeture de sept de ses dix-neuf magasins, dont notamment le Printemps de la place d’Italie et les Citadium des Champs-Elysées et de Nation.