Confinement à Paris : Des étalages de Noël éphémères pour les commerçants sur les trottoirs et places de parking

COMMERCES Au lendemain de l’intervention d’Emmanuel Macron, la mairie de Paris a décidé d’autoriser les commerçants de la capitale à investir le trottoir ou des places de stationnement pour vendre leur marchandise. A condition de respecter quelques règles

R.L.

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Un commerce fermé dans le 15e arrondissement.
Un commerce fermé dans le 15e arrondissement. — xavier FRANCOLON/SIPA
  • Les commerces pourront de nouveau accueillir leur clientèle à partir du 28 novembre.
  • Les commerçants parisiens auront la possibilité de créer du 1er décembre au 3 janvier et gratuitement des étalages en plein air pendant la période « vitale » des fêtes de fin d’année, annonce la mairie de Paris.
  • « Toutes les idées qui peuvent être trouvées et développées actuellement pour que les commerçants puissent faire plus de chiffres d’affaires sont bonnes à prendre », réagit le président de la Fédération des associations de commerçants et artisans de Paris (FACAP).

Au printemps dernier, lors du déconfinement, la mairie de Paris avait annoncé la possibilité pour les restaurants et les bars de créer des terrasses éphémères sur des places réservées habituellement au stationnement des véhicules. Très souvent en bois, elles avaient alors fleuri à chaque coin de rue pour faire partie du nouveau paysage de Paris. Six mois plus tard et un confinement de plus au compteur, place désormais aux étalages éphémères de s’inviter dans l’espace public en cette période hivernale.

Au lendemain de l’intervention d’Emmanuel Macron, annonçant notamment la réouverture des commerces dits non-essentiels ce samedi, la mairie de Paris a en effet décidé d’autoriser les commerçants de la capitale à investir gratuitement le trottoir ou des places de stationnement pour vendre leur marchandise grâce à des stands de Noël. Et ce, en cette période cruciale pour leur chiffre d’affaires et alors même que la situation économique est délicate. Mais avant de monter son installation, il faut avoir à l’esprit quelques règles. 20 Minutes détaille le dispositif.

Comment cela va-t-il fonctionner ?

Afin de favoriser le respect des mesures sanitaires de distanciation physique et de « les soutenir économiquement », la ville de Paris annonce qu’elle donne la possibilité aux dizaines de milliers de commerçants de la capitale de créer des stands de Noël du 1er décembre au 3 janvier pendant la période des fêtes de fin d’année. Un dispositif entièrement gratuit.

Comme pour les terrasses éphémères, les commerçants devront signer et afficher en contrepartie sur leur vitrine, une charte les engageant notamment à veiller au respect des mesures sanitaires dans leur établissement, la propreté de l’espace public, la sécurité de leur clientèle et la tranquillité des riverains. Les professionnels ne respectant pas ces engagements « s’exposeront à des sanctions », souligne la mairie.

Pourquoi une telle mesure ?

« En raison notamment de la nouvelle jauge de 8 m², certains commerces ne pourront pas accueillir dans de bonnes conditions les clients. Anne Hidalgo a donc décidé de mettre en place cette mesure de soutien aux commerces de proximité qui sont en difficulté et alors même que cette période est vitale. Nous le savons, s’ils ratent cette période-là, ils ont avoir du mal a s’en remettre », explique à 20 Minutes, Olivia Polski, adjointe à la maire de Paris en charge du commerce, de l’artisanat, des professions libérales et des métiers d’art et mode.

Avec quelles installations ?

Chaque commerçant pourra obtenir le droit de faire un stand par une simple déclaration, accessible sur paris.fr. Dès lors, c’est à lui de s’équiper. Il devra veiller à ne pas gêner la circulation sur le trottoir, ne pas se mettre devant une porte, respecter les commerçants voisins et permettre le passage de personnes a mobilité réduite. Olivia Polski rappelle qu’il doit s’agir d’installation « faite avec un mobilier léger et non fixé au sol » et « sans système chauffage ». A noter que les stands pourront être uniquement exploités pendant les heures d’ouverture des magasins.

Qui pourra vendre quoi ?

Tous les commerçants n’utiliseront pas ce dispositif. Mais la ville annonce déjà avoir des remontées de ceux que cela intéresse et son usage devrait se développer au fil des jours. « Les fleuristes sont contents, les boulangers et pâtissiers pourront s’en servir comme point de retrait de commandes et les librairies et magasins de jouets devraient également s’en saisir. Certains évoquent par exemple l’endroit pour les paquets cadeaux », détaille Olivia Polski.

Qu’en disent les principaux concernés ?

« Ce sera du cas par cas. Je ne suis pas sûr que ça puisse servir à une grande majorité de commerces, en raison de différentes contraintes de trottoirs, de personnel, de météo, notamment. Pour certains ce sera facile, pour d’autres plus compliqué. J’imagine mal à un bijoutier vendre dehors par exemple. Mais ça fonctionnera bien pour du linge de maison, des vêtements, des jouets. En fait, tout dépend du commerce et de ce qu’il vend », réagit Thierry Véron, président de la Fédération des associations de commerçants et artisans de Paris (FACAP) qui salue toutefois l’initiative de la mairie. « Toutes les idées qui peuvent être trouvées et développées actuellement pour que les commerçants puissent faire plus de chiffres d’affaires sont bonnes à prendre. Et faire de l’étalage à l’extérieur, c’est augmenter leur surface de vente, donc c’est un plus. Maintenant, il faut que les commerçants sachent que ça existe et qu’ils peuvent le faire », ajoute-t-il.