Paris : « Les Français attendent des politiques qu’ils ne se cachent pas derrière leur petit doigt », répond Hidalgo aux Verts

POLITIQUE Interrogée par « 20 Minutes » dimanche soir, la maire de Paris Anne Hidalgo a assumé ses propos de samedi visant ses alliés écologistes. Ceux-ci réclament des excuses

Romain Lescurieux

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Anne Hidalgo, maire de Paris, le 11 novembre 2020.
Anne Hidalgo, maire de Paris, le 11 novembre 2020. — SIPA PRESS
  • Les écologistes ont un « problème de rapport à la République », a lancé la maire de Paris, Anne Hidalgo, ce samedi sur BFM TV.
  • Depuis, la polémique enfle et le torchon brûle avec ses alliés écologistes qui réclament désormais une clarification et des excuses.
  • Une rencontre est prévue prochainement entre la présidente du groupe écolo de Paris, Fatoumata Koné et la maire de Paris.

La coalition rose-verte d'Anne Hidalgo a une nouvelle fois du plomb dans l’aile. Cinq mois après leur alliance, main dans la main, pour la victoire à l’Hôtel de ville, les relations entre la maire de Paris et ses alliés écologistes se désagrègent. Dernier épisode en date : Des propos tenus ce samedi sur BFM TV par Anne Hidalgo. 

De plus en plus citée comme une potentielle candidate de la gauche à l’Elysée en 2022, Anne Hidalgo a jugé « choquant » que quelques élus Verts se soient abstenus pour qu’un lieu de la capitale porte le nom de l’enseignant décapité Samuel Paty. Les Verts parisiens victimes d'un incident technique, ont en réalité voté en faveur de cette délibération. Qu’importe. Le torchon brûle entre confusion et « fake news ». Et Anne Hidalgo enfonce le clou en invitant les écologistes à « progresser sur les questions notamment de République » et les « pousse à sortir de l’ambiguïté ». Des propos qu’elle a assumés encore ce dimanche soir à l’occasion des illuminations de Noël sur les Champs-Elysées.

« Mes convictions républicaines, elles sont là, farouchement présentes »

Interrogée par 20 Minutes sur le sujet, la maire de Paris indique qu’il est « très important de pouvoir être au clair avec ses valeurs et ses convictions ». « Les Français attendent des femmes et des hommes politiques qu’ils ne se cachent pas derrière leur petit doigt et moi mes convictions républicaines, elles sont là, farouchement présentes. Il faut bien sûr avancer dans le respect des partenaires, et laisser la politique politicienne de côté, car je crois que c’est ce dont nous avons le moins besoin aujourd’hui », ajoute-t-elle.

Mais les réactions sont encore vives. David Belliard, ancien candidat écologiste aux municipales et désormais adjoint aux transports d’Anne Hidalgo, a indiqué que son groupe politique n’avait « de leçons à recevoir de personne » et a même évoqué une « meurtrissure » dans Libération.

A la question « avez-vous encore confiance en Anne Hidalgo » posée par BFM Paris ce lundi matin, il répond : « On va voir. J’attends un acte, une clarification. J’attends des mots publics, […] j’attends qu’on nous dise si oui ou non nous pouvons continuer à travailler dans la confiance. » Et de préciser : « Les enjeux sont tels qu’on ne peut pas se permettre d’utiliser le mensonge et les fake news. »

Elle a « insulté tous les écologistes »

De son côté, le secrétaire national d’EELV Julien Bayou a demandé lundi à la maire de Paris Anne Hidalgo des excuses après qu’elle a « insulté tous les écologistes ». « C’est vraiment scandaleux ce qui s’est passé parce que la maire de Paris insinue que nous nous serions abstenus. Or elle sait très très bien ce qui s’est passé. C’est extrêmement grave », a accusé sur RFI le patron d’EELV.

Rachida Dati (LR), elle, a demandé dimanche soir « solennellement » à la maire de Paris de se séparer des élus qu’elle qualifie de « non républicains » au sein de sa majorité.

Dans cette situation de crise, la cheffe du groupe municipal des Verts, Fatoumata Koné, doit rencontrer prochainement Anne Hidalgo. Une rencontre décisive alors qu’une première tempête entre les alliés cet été au sujet de l'affaire Christophe Girard, avait fait tanguer le bateau rose-vert sans toutefois le couler.