Paris : « Les commerçants souffrent et certains ne rouvriront pas », déplore Anne Hidalgo

INTERVIEW A l’occasion du coup d’envoi des illuminations des Champs-Élysées donné ce dimanche soir, la maire de Paris, Anne Hidalgo a répondu à quelques questions de « 20 Minutes »

Propos recueillis par Romain Lescurieux

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Le lancement des illuminations de Noël 2020, ce dimanche soir.
Le lancement des illuminations de Noël 2020, ce dimanche soir. — STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
  • La maire de Paris, Anne Hidalgo, a donné le coup d’envoi des illuminations des Champs-Élysées.
  • « Dans une période qui est encore très anxiogène, très difficile pour beaucoup de Françaises et de Français, de Parisiennes et de Parisiens, c’est très important de maintenir ces illuminations », explique-t-elle.
  • Interrogée également par « 20 Minutes », sur ses propos concernant ses alliés écologistes tenus ce week-end, elle assume. « Les Français attendent des femmes et des hommes politiques qu’ils ne se cachent pas derrière leur petit doigt et moi mes convictions républicaines, elles sont là, farouchement présentes ».

Rues vides, commerces fermés, touristes absents, Parisiennes et Parisiens confinés… Mais des Champs-Elysées illuminés. Le lancement a eu lieu ce dimanche soir virtuellement et en petit comité sur une terrasse de la plus belle avenue du monde, en présence du président du Comité Champs-Élysées, Jean-Noël Reinhardt, de la chanteuse Louane, marraine de l’édition 2020 et de la maire de Paris, Anne Hidalgo. Cette dernière a accepté de donner un « petit mot » à 20 Minutes alors que des propos tenus samedi sur BFM TV au sujet de ses alliés écologistes ont provoqué de vives tensions au sein de sa coalition.

Alors que le gouvernement répète que « Noël ne sera pas normal cette année », que les Parisiennes et Parisiens sont encore confinés, les touristes absents et les commerces fermés, c’était important de maintenir ces illuminations sur les Champs-Elysées ?

Bien sûr. Dans une période qui est encore très anxiogène, très difficile pour beaucoup de Françaises et de Français, de Parisiennes et de Parisiens, c’est très important de les maintenir, car la lumière c’est de la joie de vivre et de la gaieté. C’est aussi un signal d’espoir parce qu’on va se relever, on va venir à bout de cette pandémie qui est en train de faire beaucoup de dégâts sur le terrain économique, au-delà des questions sanitaires. Paris prendra toute sa part dans la relance et ce, aux côtés de ses habitants. Nous le savons, les commerçants souffrent énormément et certains ne rouvriront pas. Il faut avoir la lucidité de cette souffrance et cette difficulté. Mais en même temps, il faut commencer à se projeter vers l’avenir.

Ce n’est pas un peu triste d’illuminer les Champs-Elysées dans ce contexte ?

C’est une image inhabituelle des Champs-Elysées. Ils ont aussi beaucoup souffert. Après les attentats, il y a eu une chute drastique du tourisme. On s’est tous mobilisés pour aller chercher ces touristes, on a pu y arriver mais nous nous sommes retrouvés ensuite avec des grands conflits sociaux, avec des scènes de violence et un impact pour l’activité des Champs. Avec la pandémie, les magasins sont désormais fermés. Tout ça, ce sont des épreuves. Et cette ville et cette avenue ont connu beaucoup d’épreuves et les traversent avec sérieux.

Que comptez-vous mettre en place pour davantage soutenir tous les commerçants parisiens en cette période si cruciale pour leur survie ?

Nous avons voté un plan de soutien à l’économie de 200 millions d’euros​. Nous avons pris des mesures en faisant en sorte qu’ils ne payent pas un certain nombre de recettes que nous percevions. Notamment la gratuité des droits de terrasse. Je veux être aux côtés des commerçants aussi avec la livraison à domicile, le click and collect. Avec la Chambre de commerce, nous travaillons sur ce lien entre les clients et les commerçants sans passer par les grandes plateformes, très impersonnelles et qui ne profitent pas à l’activité locale. Appuyons-nous sur nos commerçants qui ont beaucoup évolué. Et j’espère qu’on aura ces prochains jours des bonnes nouvelles en ce qui concerne l’assouplissement du confinement.

Le secteur du tourisme aussi est en crise et durement touché à Paris. C’est un message ce soir adressé à l’international ?

C’est une façon de dire, "regardez Paris est là". Paris continue de vibrer et vous attend. Nous allons évidemment attendre que les voyages et les échanges internationaux reprennent. 15.000 personnes étaient connectées ce soir, dont beaucoup de Japonais. Nous voulons dire au monde entier que nous continuons à nous embellir.

Ce samedi, sur BFM TV, vous avez indiqué que vos alliés écologistes ont « un problème de rapport à la République » et vous les « pousser à sortir de l’ambiguïté ». Votre adjoint, David Belliard (EELV) a indiqué qu’ils n’avaient « de leçons à recevoir de personne » et a même évoqué une « meurtrissure » dans Libération. Rachida Dati, elle, vous appelle ce dimanche à vous séparer de ces élus « non républicains ». Que répondez-vous ?

Je pense que c’est très important de pouvoir être au clair avec ses valeurs et ses convictions. Les Français attendent des femmes et des hommes politiques qu’ils ne se cachent pas derrière leur petit doigt et moi mes convictions républicaines, elles sont là, farouchement présentes. Il faut bien sûr avancer dans le respect, des partenaires, et laisser la politique politicienne de côté, car je crois que c’est ce dont nous avons le moins besoin aujourd’hui.

Et concernant votre coalition, votre alliance ?

Merci ! [Avant de partir]