Paris : Les Verts, furieux contre Hidalgo, s’interrogent sur leur place dans la majorité municipale

BISBILLE Ils n'ont pas digéré les propos tenus par la maire de Paris dans une interview

20 Minutes avec AFP

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David Belliard, fin septembre 2020.
David Belliard, fin septembre 2020. — Olivier Coret/SIPA

Le groupe EELV à la mairie de Paris va demander à la maire Anne Hidalgo « si elle souhaite continuer à travailler avec [eux] », a annoncé dimanche soir l’élu David Belliard, dans un nouvel accès de tension au sein de la majorité municipale.

« C’est Anne Hidalgo qui remet en question notre place dans la majorité en interrogeant notre rapport à la République », dénonce dans une interview à Libération l’ancien candidat Vert aux municipales, en faisant part de sa « meurtrissure » contre ce qu’il qualifie d'« insulte personnelle ».

L’imbroglio sur un vote

Dans un entretien samedi sur BFMTV, Anne Hidalgo avait jugé « choquant » que quelques élus Verts n’aient pas voté mardi pour qu’un lieu de la capitale porte le nom de l’enseignant décapité Samuel Paty. Les Verts parisiens avaient en réalité voté cette délibération, après s’être étonnés que celle-ci soit prise aussi tôt après la mort du professeur.

La pratique habituelle veut qu’un délai de cinq ans s’écoule entre le décès d’une personne et le fait qu’on attribue son nom a un lieu. Une confusion était en outre apparue du fait d'un incident technique, qui avait comptabilisé 20 élus issus de tous les groupes -dont cinq EELV- parmi les non votants. Dès samedi soir, le groupe EELV au Conseil de Paris a qualifié de « fake news » les propos d’Anne Hidalgo.

« On n’a pas changé »

Dans la même interview, la maire de Paris les invite à « progresser sur les questions notamment de République », redoublant la colère de ses partenaires. « On n’a pas changé, on est sur une ligne et des valeurs qui sont les mêmes que celles de 2014 et de 2020 », a commenté dimanche David Belliard auprès de l’AFP : « A elle de nous dire si nos valeurs ne lui correspondent plus. Il faut qu’elle nous le dise. »

Pour l’adjoint EELV aux Transports, « ce qui a été dit n’est pas du tout anodin, c’était dire que nous ne sommes pas dans l’arc républicain ». « Je ne comprends pas, on fait un travail de qualité, et nos rapports étaient en train de se normaliser », a-t-il insisté, en référence à la démission pendant l’été, poussée par les Verts, de l’adjoint à la Culture Christophe Girard, un proche d’Anne Hidalgo qui avait été entendu dans le cadre de l’affaire Matzneff. La cheffe du groupe municipal des Verts, Fatoumata Koné, doit rencontrer prochainement Anne Hidalgo.