Paris : Une plateforme parisienne « anti-Amazon » prochainement mise en ligne

ECONOMIE Portée par la conseillère de Paris (PCF) Barbara Gomes, cette plateforme pourrait recenser les commerçants et artisans de la capitale et permettrait d’acheter et se faire livrer dans « le respect des droits du travail et de l’environnement »

R.L.

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Paris, le 15 avril 2020. Un homme protégé d'un masque livre un colis Amazon en pleine épidémie de coronavirus.
Paris, le 15 avril 2020. Un homme protégé d'un masque livre un colis Amazon en pleine épidémie de coronavirus. — JOEL SAGET / AFP
  • Le projet « Acheter à Paris » a été voté en Conseil de Paris ce mercredi.
  • Il vise à recenser sur une même plateforme numérique les produits fabriqués et commercialisés à Paris et à faciliter la vente de ces produits.
  • La livraison devrait aussi être « respectueuse » du droit des salariés

Paris debout contre Amazon ? Alors que le confinement, l’approche des fêtes de fin d’année et le décrié Black Friday devraient faire les choux gras de l’entreprise de Jeff Bezos, des élus parisiens tentent de se mobiliser. Mardi, des élus de gauche et écologistes comme Anne Hidalgo (PS) ou Eric Piolle (EELV), des personnalités du monde de la culture et des associations se sont associés à une pétition lancée, pour s’engager à ne pas recourir à la plateforme Amazon pendant la période de Noël.

Ce mercredi, lors du Conseil de Paris, c’est la conseillère de Paris (PCF) Barbara Gomes, qui a décidé avec son groupe politique d’aller plus loin en proposant la création d’une plateforme dite « Acheter à Paris », « un anti-Amazon », explique l’élue.

« Créons notre Amazon parisien respectueux »

« Les commerçantes et commerçants parisiens sont désespérés et ressentent un réel sentiment d’injustice. Amazon et ses comparses continuent de voir leurs bénéfices augmenter au détriment des petits commerces. La ville de Paris peut avoir un rôle de premier plan contre ce phénomène. Créons notre Amazon parisien respectueux du droit social et de l’environnement », a-t-elle déclaré.

L’amendement a été voté par l’assemblée. La ville de Paris se dit prête à accompagner l’émergence d’une telle plateforme. Un rendez-vous devrait avoir lieu prochainement avec Olivia Polski, adjointe à la maire de Paris en charge du commerce et de l’artisanat. Pour quel fonctionnement ?

« Nous n’avons pas besoin d’acheter à l’autre bout du monde »

On pourra trouver sur cette plateforme numérique des livres, des objets du quotidien, des petits meubles ou encore des jouets. Le projet « Acheter à Paris » vise en effet à recenser sur une même plateforme numérique les produits fabriqués et commercialisés à Paris et à faciliter la vente de ces produits, « ce qui bénéficierait aux commerçants et aux consommateurs désireux de consommer local », note le groupe PCF. L’exécutif de son côté y voit une plateforme pouvant « faire office de place de marché pour promouvoir le commerce de proximité, l’artisanat et le fabriquer à Paris », un label créé en 2017.

« Nous n’avons pas besoin d’acheter à l’autre bout du monde. Des boutiques, des commerçants existent près de chez nous, ce qui va bien avec l’idée de la ville du quart d’heure. Il faut favoriser le commerce parisien dans toutes ses dimensions », reprend Barbara Gomes, auprès de 20 Minutes. Cette plateforme comprendrait une géolocalisation des boutiques et recensement par thématiques et produits. Le tout combiné avec une livraison « respectueuse ».

« L’idée est ne pas faire des livraisons à n’importe quelle condition. Les livraisons seront effectuées en respectant les droits du travail et de l’environnement. Et avec des mobilités douces », poursuit Barbara Gomes. Ce service serait assuré ainsi par des « coopératives de livreurs » qui « respectent le droit des salariés et leur assure la protection sociale dont ils ont droit ».