Le blocage en douceur de l'école Sainte-Jeanne

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Manifester sans empêcher les enfants de travailler. Voilà l'objectif des parents d'élèves de certaines écoles primaires et maternelles du 13e et du 20e arrondissement, une nouvelle fois « bloquées » hier. Au 33, rue Jeanne-d'Arc (13e), quatre parents d'élèves se sont retrouvés le matin pour un blocage administratif. Par roulement, ils occupent tous les mardis pendant une heure et demie le bureau de la directrice pour envoyer fax et e-mails au rectorat, à la Mairie de Paris, à la presse et exprimer leurs inquiétudes face aux réformes de Xavier Darcos, ministre de l'Education nationale.

Une mobilisation qui oblige les parents à de petits arrangements. « Je sortirai plus tard du bureau ce soir, explique Marie-Pierre. On a préféré être moins nombreux mais réguliers plutôt que dix le premier jour et plus personne après. » Céline regrette qu'« aux Etats-Unis et au Canada, ils donnent plus de moyens à l'école publique, ici on fait l'exact inverse. Xavier Darcos nous parle sans arrêt du modèle finlandais, mais il y a quinze élèves par classe, en France ils peuvent être jusqu'à trente ! » Leur nouveau combat : les évaluations en CM2 qui avaient lieu lundi et mardi et qui devaient être publiées sur Internet. « Avec la suppression de la carte scolaire, on va faire des écoles pour pauvres et pour riches. Les mieux informés scolariseront leurs enfants dans les écoles qui ont les meilleurs résultats », explique Kais, responsable de la FCPE du 13e. ■Oihana Gabriel