Les difficiles conditions de vie des femmes sans domicile fixe

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Identité féminine mise à mal, intégrité physique menacée... Les femmes à la rue - 37 % des SDF - sont souvent plus exposées aux risques que les hommes. Particulièrement les femmes âgées entre 50 et 65 ans, « tranche d'âge particulièrement délicate », analyse la Mission d'information sur la pauvreté et l'exclusion sociale (Mipes) du conseil régional d'Ile-de-France. Celle-ci présente aujourd'hui, lors d'un colloque, une enquête menée en 2008 auprès de vingt-six femmes âgées de 50 à 65 ans. Certaines, comme cette veuve de 61 ans, sont à la rue depuis trois mois. D'autres y vivent depuis quinze ans.

La plupart d'entre elles « ne s'adressent aux institutions pour leur hébergement que de façon ponctuelle. Soit elles se paient une chambre d'hôtel, soit elles dorment dans la rue. Les appels sporadiques au 115 interviennent lorsqu'elles sont au bout de leurs capacités face aux contraintes et dangers de la survie dans la rue. » L'hébergement d'urgence suscite un sentiment négatif : « Difficultés pour obtenir le 115 au téléphone, propositions de lieux aux conditions sanitaires catastrophiques avec la crainte d'être agressées, volées. »

Toutes les femmes interrogées font mention « d'agressions ou de risques d'agression, et de la peur qu'elles ressentent lorsqu'elles vivent dans la rue. Et toutes mettent en place différentes tactiques pour se protéger. » Comme un habitat discret, ou la proximité d'un commissariat. Autre difficulté du quotidien : l'hygiène. L'hébergement institutionnel facilite l'accès aux toilettes et aux douches. Mais même celles qui n'y ont pas accès assurent « toujours essayer de rester propres ». Les femmes ont des « rêves » réalistes de réinsertion dans la société. Qui passent par le logement. En cela, elles partagent les mêmes aspirations que les hommes. ■M. Bosredon