Tentative d'apaisement au Raincy

Oihana Gabriel

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Hier matin, à la mairie du Raincy (Seine-Saint-Denis), une quinzaine de responsables des communautés musulmane et juive étaient assis côte à côte. L'objectif de cette table ronde : éviter que le conflit à Gaza n'envenime les relations entre juifs et musulmans dans ce département, où une synagogue avait été attaquée. Dès le début, la tension est palpable. Sammy Ghozlan, président du Conseil des communautés juives du 93, attaque : « J'ai été déçu de voir que l'Union des associations musulmanes du 93 n'a pas condamné les cent dix actes antisémites. » Réponse du président visé, M'hammed Henniche : « On n'est pas venu pour polémiquer, mais il y a eu des dépassements inadmissibles de la part des Israéliens. » Le rabbin Lewin nuance : « Le conflit au Proche-Orient, c'est clair, on ne va pas le régler autour de cette table. »

Mais tous veulent poursuivre le dialogue et montrer aux jeunes qu'il ne faut pas faire l'amalgame entre ce qui se passe à Gaza et en Seine-Saint-Denis. Le maire du Raincy, Eric Raoult (UMP) joue l'équilibriste, expliquant qu'il « ne veut choquer personne. Notre département doit être exemplaire du vivre ensemble. » Petit à petit, l'ambiance se calme et les participants se mettent d'accord sur des positions de principe. Certains proposent des activités pour les jeunes : un concert avec des stars des deux communautés, des visites de synagogues, un voyage dans la bande de Gaza. Le maire soumet un communiqué que ces responsables seront invités à signer. M'hammed Henniche sort un peu déçu par la position neutre des élus présents : « Parfois, l'équilibre ce n'est pas bon. » ■