Robert Franck des deux côtés de l'Atlantique

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Rarement un Suisse aura aussi bien photographié les Etats-Unis. Robert Franck fut un des premiers à dévoiler, à l'aide de son Leica, l'Amérique multiraciale, dans sa diversité et sa banalité, entre 1955 et 1956. Le Jeu de paume (8e) invite à un voyage en noir et blanc à partir des villes américaines jusqu'à Paris. Une première salle aux murs gris regroupe les 83 photos du livre Les Américains, paru en 1958 en France et qui choqua par sa vision opposée au rêve américain. Dans une seconde salle, mieux agencée, c'est le Paris d'après-guerre qui devient la star. L'artiste attire l'attention sur des objets du quotidien : une poussette, des fleurs, des chaises. Certains clichés montrent un Paris poétique (Notre-Dame dans le brouillard) tandis que d'autres dérangent (un cheval pendu dans un abattoir). Les photos séduiront certainement, la scénographie peut-être moins : les clichés, plutôt petits, ne bénéficient pas de légendes explicatives. ■O. G.

« Robert Franck, un regard étranger »,

jusqu'au 22 mars. Fermé le lundi.

Tarif plein : 6 euros, tarif réduit : 4 euros.