Les facs en charge de leurs salariés

Oihana Gabriel

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Autonomes ? Pas tout à fait. Depuis le 1er janvier, trois facultés parisiennes, l'université Descartes (Paris-V), l'université Pierre-et-Marie-Curie (Paris-VI) et l'université Diderot (Paris-VII), ont acquis des « compétences élargies ». La nouveauté en 2009 : elles sont devenues les employeurs de leurs salariés. « Cela nous donne une visibilité sur l'ensemble du budget de l'université. Nous pouvons disposer des emplois vacants, aussi bien des enseignants que des agents techniques, pour les redistribuer en fonction de nos besoins. Auparavant, la décision revenait au ministère », explique le président de l'université Paris-Diderot, Guy Cousineau. Pour Jean-Charles Pomerol, président de Pierre-et-Marie-Curie, « chaque université va ainsi pouvoir recruter en fonction de critères propres et attribuer des primes ». Et le président admet qu'il préfère promouvoir ses salariés en fonction de leur charge de travail et de responsabilité plutôt que « recruter des enseignants qu'il faudra rémunérer pendant trente ans. J'ai besoin de créer des postes de catégories supérieures pour les agents techniques comme pour les enseignants chercheurs. »

Si ces universités, toutes volontaires, se félicitent de la souplesse acquise, elles n'hésitent pas à exprimer quelques réserves. « Quand les universités deviendront propriétaires de leurs murs, elles seront entièrement autonomes », avance Patrick Gérard, recteur de l'académie de Paris. Mais pour Jean-Charles Pomerol, qui a fait une demande pour que Paris-VI devienne propriétaire, l'acquisition du patrimoine immobilier, très compliquée, risque de prendre beaucoup de temps : « La loi dit que nous pouvons recevoir le patrimoine gratuitement, mais je pense que l'Etat préférerait vendre une partie de ces biens avant. » Les présidents critiquent surtout les suppressions de postes. Sept postes redéployés pour Paris-VII, quatorze supprimés à Paris-VI. Pour le président de cette dernière : « Le système de péréquations nationales ne prend pas en compte les activités de recherche et la qualité des enseignements. » Le recteur de Paris souligne que « les redéploiements représentent en tout 200 postes, ce qui est très peu ». Arnaud Ducruix, vice-président du conseil d'administration de Paris-Descartes, insiste : « Faire une réforme avec moins de personnes, c'est compliqué. » ■