Paris : Eboueurs et égoutiers en grève illimitée dans la capitale

SOCIAL Les éboueurs et égoutiers de la capitale sont en grève illimitée. Ils ont manifesté ce mardi devant le siège de la direction de la propreté de Paris dans le 13e arrondissement. La mairie dénonce des « dégradations »

R.L.
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Des éboueurs à Paris
Des éboueurs à Paris — JACQUES DEMARTHON / AFP
  • Depuis ce mardi, les éboueurs et égoutiers de Paris sont en grève illimitée à cause d’équipements qui ne sont plus aux normes et la suppression d’une prime accordée pendant le premier confinement.
  • On estime que la capitale est paralysée par les déchets au bout du troisième jour sans ramassage.

Feux de poubelles et des milliers de documents de la mairie de Paris jetés au sol. Les éboueurs et égoutiers de la capitale en grève illimitée ont manifesté ce mardi devant le siège de la direction de la propreté de Paris, située avenue de France dans le 13e arrondissement pour s’opposer à la loi de transformation de la fonction publique et dénoncer les conditions sanitaires liées à leurs professions. « Nous ne nous laisserons pas faire, nous méritons un minimum de reconnaissance », font savoir les éboueurs sur Twitter.

« Il y a une vraie crainte sanitaire. Nos combinaisons ne sont plus aux normes, comme nos ateliers de maintenance. On vient de découvrir que le système d’aération ne convient plus depuis 11 ans », détaille auprès du Parisien, Régis Vieceli, délégué CGT pour les éboueurs. Selon lui, « même la prime de 35 euros par jour travaillé, accordée aux salariés durant le premier confinement, a été supprimée ». A l’appel de la CGT, cette grève pourrait durer.

A Paris, où 3.000 tonnes de déchets sont produites chaque jour, le risque de crouler sous les ordures est élevé. On estime que la capitale est paralysée par les déchets au bout du troisième jour sans ramassage.

20 % de grévistes

En début d’après-midi, Colombe Brossel l’adjointe à la maire de Paris en charge de la propreté de l’espace public, du tri et de la réduction des déchets, du recyclage et du réemploi et Benjamin Raigneau, directeur de la DPE (direction de la propreté et de l’eau) ont tenu une conférence de presse. Ils dénombraient en milieu d’après-midi 3 % de grévistes parmi les agents de la ville et 20 % chez les éboueurs et égoutiers. « Le ramassage des poubelles a été impacté à 50 % », précise l’adjointe. Soit dans la moitié des arrondissements. A Paris, la collecte est en effet mixte : une partie des arrondissements est gérée en régie municipale et une autre partie par des entreprises privées.

A l’occasion de cette conférence de presse, ils ont tenu à rappeler que le dialogue restait ouvert. « Nous allons continuer à dialoguer avec les agents et les syndicats. Pour autant, les dégradations de mobiliers urbains avenue de France et l’introduction de bonbonnes de gaz dans des locaux de la direction de la propreté sont inacceptables », a réagi Colombe Brossel. « Notre volonté de travailler ensemble demeure mais pour travailler sereinement il faut les conditions pour le faire. Et on ne le fait pas un contexte de sécurité non garantie », a affirmé de son côté Benjamin Raigneau.