Paris : RSA, aide aux sans-abri... Gauche, droite ou Verts s'inquiètent de « l’urgence sociale »

CONSEIL DE PARIS Le Conseil de Paris s’ouvre en partie virtuellement ce mardi pour trois jours. Il sera question d’orientation budgétaire mais aussi de « l’urgence sociale » alors que les demandeurs de RSA augmentent dans la capitale

R.L.

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Des sacs pour l'Armée du Salut
Des sacs pour l'Armée du Salut — SIPA PRESS
  • Les demandes de RSA se multiplient en Ile-de-France et notamment à Paris avec une augmentation de 13 % du nombre de bénéficiaires par rapport à janvier dernier.
  • Face à « l’urgence sociale », certains élus demandent davantage d’actions.
  • Concernant les personnes sans-abri, la droite parisienne demande à ce que « l’hiver soit mieux anticipé ».

Un Conseil de Paris « particulier » dans des « conditions exceptionnelles ». Le premier adjoint d’Anne Hidalgo, Emmanuel Grégoire, ne mâche pas ses mots. Alors que le Conseil de Paris s’ouvre en partie virtuellement ce mardi pour trois jours, l’ensemble du territoire reste confiné et la capitale doit toujours faire face à une forte circulation de l’épidémie de Covid-19. Et à la crise sanitaire, se rajoute de plus en plus concrètement la crise économique et sociale dans la capitale.

Actuellement, les demandes de RSA se multiplient en Ile-de-France et notamment à Paris avec une augmentation de 13 % du nombre de bénéficiaires par rapport à janvier dernier, fait savoir la mairie. Dans le même temps, la précarité s’accélère et les associations d’aide alimentaire se retrouvent davantage sollicitées. Alors, de nombreux d’élus tentent de se mobiliser face à l’« urgence sociale », note Fatoumata Koné, présidente du groupe écologiste de Paris.

RSA pour les 18-25 ans et « chèque alimentaire »

Lors de cette assemblée, les élus écolos proposeront un vœu afin de venir en aide aux secteurs en difficulté ainsi qu’aux personnes « les plus vulnérables », en demandant notamment « la création d’un fonds exceptionnel destiné aux associations de solidarité ». Ils prônent aussi la mise en œuvre immédiate du RSA pour les 18- 25 ans et de la proposition de la Convention citoyenne pour le climat d’un « chèque alimentaire » pour donner accès à des produits de bonne qualité aux plus fragiles.

Les communistes parisiens souhaitent aussi que la maire de Paris demande au gouvernement que l’accès au RSA soit étendu au moins de 25 ans et qu’une « véritable politique de lutte contre la pauvreté avec les départements, leurs élus et les associations soit établie ». Alors que le déficit de la ville va se creuser d’un milliard à cause de la crise sanitaire pour atteindre près de 7 milliards d’euros et au moment même où le débat d’orientation budgétaire devrait agiter l’assemblée, l’exécutif ne compte pas baisser les bras.

Bientôt une interdiction du mobilier urbain anti-SDF ?

La majorité assure vouloir poursuivre ses aides et renforcer l’aide alimentaire auprès des plus pauvres. Avec une attention particulière pour les sans-abri à l’approche de l’hiver. « On ne va pas laisser des gens mourir de faim dans la rue ! Lors du premier confinement, nous avons distribué en moyenne 17.000 repas par jour. On est même monté à 22.000. Nous renforcerons aussi les maraudes », a expliqué récemment au JDD, la maire de Paris, Anne Hidalgo. De son côté, la droite demande toutefois à ce que « l’hiver soit mieux anticipé ».

« Nous alertons l’exécutif municipal sur les risques accrus par la deuxième vague pour ce public particulièrement fragile. Les retours de terrain, des acteurs associatifs et des services sociaux avec qui nous parlons et travaillons, nous font part de leurs inquiétudes », fait-on savoir au sein du groupe. Par ailleurs, les écologistes comptent demander que « l’interdiction des mobiliers anti-SDF soit retranscrite dans le prochain PLU » et que tous les dispositifs anti-SDF présents sur l’espace public de la ville soient d’ailleurs retirés. La gestion de la crise migratoire n’est pas en reste.

Des subventions solidarité et l’accueil des réfugiés doivent être aussi votés lors de ce Conseil de Paris. « Nous allons financer neuf structures pour l’accueil et l’intégration des réfugiés », explique Ian Brossat, adjoint à la maire de Paris en charge du logement, de l’hébergement d’urgence et de la protection des réfugiés. Il précise que les maraudes de France Terre d’Asile seront ainsi intégralement financées, en rappelant dans le même temps l’ouverture récente d’une halte humanitaire au sein de l’ancienne mairie du 1er arrondissement gérée par l’Armée du Salut.