Coronavirus: Depuis le premier confinement, OlaTaNea distribue des kits de survie aux sans-abri à Paris

SOLIDARITE La structure OlaTaNea qui vient en aide aux personnes sans-abri à Paris a été lancée par Anne-Gabrielle Compagnon à l’occasion du premier confinement

R.L.

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Un kit de survie distribué à une personne sans-abri
Un kit de survie distribué à une personne sans-abri — OlaTaNea / A.G Compagnon
  • Durant le premier confinement, Anne-Gabrielle Compagnon a commencé à distribuer des kits de survie aux sans-abri dans la capitale.
  • Ces sacs à dos solidaires sont composés de produits de première nécessité.
  • Anne-Gabrielle Compagnon assure également prendre le temps de discuter. « Le but, c’est aussi que cette distribution soit un moment d’échange », explique-t-elle.

Une idée qui vient d’un constat, d’un moment. « J’ai décidé de me lancer pendant le confinement car personnellement j’avais du temps et il y avait du côté des sans-abri un besoin plus pressant que d’habitude », explique Anne-Gabrielle Compagnon. A cette époque, la jeune femme de 35 ans, décide de s’engager en faveur des SDF dans la capitale en apportant une « solution unique » : des kits de survie sponsorisés en ligne par les citoyens. Et ce, sans contrepartie. Elle avait déjà testé le dispositif quelques mois auparavant. De manière plus individuelle.

« Au moment de Noël, j’avais commencé à demander aux gens ce qu’ils mettraient dans des kits. Et j’en avais distribué quelques-uns. Puis, j’ai lancé une cagnotte en ligne », poursuit-elle. Après avoir récolté 1.500 euros, elle passe à la vitesse supérieure, monte la structure OlaTaNea et distribue vingt kits d’hygiène et de premiers secours auprès de vingt sans-abri. « Les gens achètent les kits et moi je me charge de les distribuer aux SDF », dit-elle. Des sacs à dos solidaires composés de produits de première nécessité.

Masques, gel hydroalcoolique, chaussettes

« Les premiers kits ont notamment été faits en collaboration avec une association de sapeurs-pompiers qui m’a expliqué ce qui pouvait être utile pour des SDF », note-t-elle. Ainsi, elle a créé trois différents kits. Un kit d’hygiène avec brosse à dents, dentifrice, savon, lingettes, mouchoirs au prix de 39 euros. Et un kit d’hygiène féminine avec serviettes hygiéniques et tampons. Un second type de kit est davantage tourné vers les premiers soins, un kit « très apprécié », relève Anne-Gabrielle Compagnon. On y trouve masques et gel hydroalcoolique, produit désinfectant, pansements, bandages. « Dans la rue, les blessures peuvent très vite dégénérer », précise-t-elle. Enfin, un troisième kit est davantage « axé textile » avec des polaires, des ponchos pour se protéger de la pluie ou encore des chaussettes.

« A chaque fois, je demande aux SDF ce qu’ils en pensent, si des choses manquent », explique-t-elle. Car Anne-Gabrielle Compagnon assure également prendre le temps de discuter. « Le but, c’est aussi que cette distribution soit un moment d’échange, éventuellement de les orienter vers des associations, de comprendre leur situation et d’échanger sur leurs besoins. Pour les kits, ils sont très touchés. Ils disent souvent : « Je ne m’attendais pas à autant » ». Mais le second confinement mis en place depuis le vendredi 30 octobre, vient ralentir les opérations.

Un second confinement « plus compliqué que le premier »

Actuellement, 80 kits tout prêts n’attendent plus qu’à être distribués. « Le lien qu’on essaie de créer est très difficile en ce moment avec le confinement et les gestes barrières. Les kits sont prêts mais je ne peux pas les distribuer avec la qualité d’échange que j’aimerais ». Selon elle, ce second confinement est « plus compliqué que le premier » car les SDF hébergés en urgence « sont souvent retournés dehors ». « Les accueils de jour peuvent aussi moins accueillir, les gens attendent donc leur tour et avec l’arrivée du froid, c’est compliqué », ajoute-t-elle. Et la solidarité des gens lors du premier confinement est-elle moindre lors de ce second ?

« L’engouement et la disponibilité des gens sont moindres. Il y a aussi une précarité qui peut se faire ressentir », répond-elle. Désormais, Anne-Gabrielle Compagnon espère séduire des entreprises pour qu’elles sponsorisent ou fassent des dons. « Plus les entreprises feront des dons, moins les kits seront chers et plus on pourra en faire », dit celle qui va également lancer des campagnes de financement de kits et partir à la recherche de bénévoles pour aider à la logistique.