Coronavirus : Anne Hidalgo milite pour la réouverture des librairies indépendantes

COMMERCE DE PROXIMITE La chef de file de l’opposition LR dans la capitale, Rachida Dati est sur la même ligne car elle estime que la culture est « un enjeu de lutte contre le séparatisme »

20 Minutes avec AFP
— 
Une librairie à Paris le 30 octobre 2020.
Une librairie à Paris le 30 octobre 2020. — ISA HARSIN/SIPA

Face au mécontentement qui monte avec les annonces des mesures pour lutter contre la deuxième vague de coronavirus, Anne Hidalgo se pose en défenseure des commerces de proximité et plus précisément des libraires. Dans un entretien au Journal du dimanche, la maire de Paris annonce « une initiative commune », avec d’autres villes, « pour autoriser la réouverture des librairies indépendantes », fermées pour cause de confinement.

Une erreur de « sacrifier » la culture

« La culture est essentielle, c’est une erreur de la sacrifier », explique la maire socialiste, qui « déplore que certains commerces de proximité, plus que jamais nécessaires pour maintenir le lien social et lutter contre les effets de l’isolement, aient été fermés, au moins dans un premier temps, comme les librairies ou les salons de coiffure ». Juste après l’annonce du confinement, elle avait déjà réclamé jeudi que les librairies « restent ouvertes », estimant que la vie culturelle devait être « un motif légitime de sortie, attestation à l’appui ».

Pétition adressée au président Macron, libraires qui se rebiffent, prix littéraires reportés, les initiatives se sont multipliées ces derniers jours pour soutenir les librairies, qui ne font pas partie de la liste des commerces dits « essentiels » autorisés par le gouvernement à rester ouverts durant le confinement. Elles peuvent toutefois effectuer des livraisons ou proposer le retrait de commandes, à la porte du magasin.

Une « inégalité » de traitement

Plusieurs maires de villes petites et moyennes (Perpignan, Brive, Beaune, Valence, Chalon-sur-Saône, Colmar etc.) ont pris des arrêtés autorisant l’ouverture des commerces non alimentaires, dont les librairies, sur leur commune, dénonçant l'« inégalité » de traitement face à la grande distribution et à la vente en ligne. Des associations d’élus comme l’Association des maires de France (AMF) ont également plaidé pour la réouverture de ces commerces de proximité, et l’UDI a encouragé ses maires à prendre des arrêtés en ce sens.

La chef de file de l’opposition LR à Paris Rachida Dati a également plaidé samedi, sur Facebook, pour la réouverture des libraires et l’accès à la culture, qui est selon elle « un enjeu de lutte contre le séparatisme ». « J’ai grandi dans un milieu où la culture était considérée comme un luxe, un confort. J’ai découvert la lecture, non par mes parents – ma mère ne savait pas lire – mais par l’instituteur, par la libraire, par le bibliobus qui s’arrêtait dans la cité et était notre fenêtre sur le monde », explique la maire du VIIe arrondissement.