Seine-Saint-Denis : La justice administrative valide la fermeture temporaire de la mosquée de Pantin

RELIGION Les responsables de la mosquée sont accusés par les autorités d’avoir relayé des propos qui ont conduit à l’assassinat de Samuel Paty

20 Minutes avec AFP

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Un fidèle devant la mosquée de Pantin, le 20 octobre 2020.
Un fidèle devant la mosquée de Pantin, le 20 octobre 2020. — CHRISTOPHE SAIDI/SIPA

Le tribunal administratif de Montreuil a validé ce mardi la décision ordonnée par le ministère de l’Intérieur de fermer pour six mois la mosquée de Pantin (Seine-Saint-Denis), accusée par les autorités d’avoir relayé des propos qui ont conduit à l’assassinat de Samuel Paty. La Fédération musulmane de Pantin va faire appel.

« Il n’apparaît pas, en l’état de l’instruction, que le préfet de la Seine-Saint-Denis aurait porté une atteinte grave et manifestement illégale aux libertés fondamentales » en fermant provisoirement le lieu de culte « aux fins de prévenir la réitération de tels actes », a estimé le tribunal dans un jugement consulté par l’AFP.

Une vidéo partagée sur Facebook

Les autorités reprochent à la mosquée d’avoir partagé, le 9 octobre sur sa page Facebook, une vidéo montrant le père d’une élève d’un collège de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) indigné à la suite d’un cours sur la liberté d’expression dispensé par Samuel Paty. Le 16 octobre, le professeur d’histoire-géographie était décapité par un réfugié d’origine russe tchétchène âgé de 18 ans qui lui reprochait d’avoir montré des caricatures de Mahomet à ses élèves.

Lors de l’audience lundi, M’hammed Henniche, responsable de la mosquée et président de la Fédération musulmane de Pantin à l’initiative de cette requête, s’était dit « accablé », exprimant à plusieurs reprises ses regrets face à ce « crime ignoble ».

Un imam relié à la mouvance radicale

« Il n’en demeure pas moins qu’il a fait preuve, en tout état de cause, d’une négligence incompréhensible, alors que sa position et ses fonctions auraient dû le conduire à plus de retenue », a souligné le tribunal administratif dans son jugement.

« Cette diffusion s’inscrit, en outre dans un contexte d’entrisme de la mouvance radicale au sein de la Grande mosquée de Pantin. Il résulte en effet de l’instruction que M. Doucouré, alias Abou Talha, un des imams de la mosquée de Pantin officiant à la prière du vendredi, est impliqué dans la mouvance islamiste radicale d’Ile-de-France », a ajouté le tribunal.

L’imam avait annoncé dimanche se mettre en retrait de ses activités. La Fédération musulmane de Pantin, par le biais de ses avocats, a annoncé dans un communiqué son intention de faire appel de cette décision devant le Conseil d’Etat.