Comment l'Ile-de-France passe aux bus propres

TRANSPORT Pour passer ses 4.700 bus propres, la région Ile-de-France va investir 1,8 milliard d’euros

Romarik Le Dourneuf
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Les lignes 28, 67 et 128, déjà électriques, viennent au dépôt Corentin pour se recharger.
Les lignes 28, 67 et 128, déjà électriques, viennent au dépôt Corentin pour se recharger. — R.Le Dourneuf
  • En 2025, tous les bus franciliens seront électriques, GNV ou hybrides. L’objectif du plan « Bus propres » est de réduire de moitié les émissions à effet de serre des transports en commun de la RATP.
  • Ce sont 4.700 bus diesel qu’il faut remplacer progressivement et il faut adapter les dépôts à l’électrique ou au biogaz.
  • L’Ile-de-France va investir 1,8 milliard d’euros pour passer tous ses bus propres coûteront la somme de à la région.

En 2025, tous les bus de Paris et de la grande couronne rouleront vert. Une promesse faite par Valérie Pécresse lors de la visite ce mercredi du centre de bus « Corentin » dans le 14e arrondissement de Paris. Entièrement équipé pour recevoir les bus électriques, ce dépôt est l’un des fleurons du programme de transport vert de la RATP. Comme lui, les 25 centres de bus de la régie des transports parisiens sont en phase de transformation pour permettre d’entretenir, de réparer et de recharger les bus en électricité ou en gaz naturel pour véhicule (GNV).

Le projet de remplacer progressivement 4.700 bus diesel d’ici à 2025 par des modèles plus verts ne se fait pas d’un claquement de doigts. « Il ne suffit pas de dire : “J’achète des bus électriques”. Il faut les infrastructures pour les accueillir », explique Catherine Guillouard, la PDG de la RATP qui accompagnait la présidente de la région Ile-de-France pour cette visite. Ce « défi industriel » se concrétise dans le centre de bus Corentin. Doté de 189 bornes électriques, il permet de recharger les 182 bus qui y sont rattachés. Cinq heures suffisent à faire un plein, soit 220 kilomètres d’autonomie. A l’étage, un atelier de réparation adapté à ces véhicules voit les 30 mécaniciens du complexe s’affairer. L’atelier aussi a dû être réaménagé car les bus électriques ont certaines spécificités, comme celle d’avoir six batteries, dont quatre sous le toit. Il faut pouvoir y accéder.

Le gaz reste hors de Paris

Dans le dépôt RATP de Massy (Essonne), l’adaptation est tout autre. Ici pas question de bornes électriques, les bus roulent au GNV, ou biogaz. Les bornes de gaz sont à l’extérieur, question de sécurité. Pour ces mêmes raisons, les treize centres qui seront convertis au gaz se trouveront tous hors de Paris.

Sur les 25 dépôts de bus de la RATP, huit sont actuellement en travaux pour subir ce type de changements. Deux autres commenceront leur mutation d’ici la fin de l’année 2020. Tous ces travaux ne seront pas de trop pour accueillir la flotte que prépare la RATP.

600 nouveaux véhicules par an

Afin de se préparer à l’ouverture à la concurrence des lignes de bus le 31 décembre 2024, Ile-de-France Mobilités s’est fixé pour objectif de réduire de moitié ses émissions de gaz à effet de serre. Pour cela, elle a déjà passé, en 2019, une commande de plus de 600 bus électriques et GNV. Un nouvel appel d’offres sera bientôt lancé pour l’achat de 2.100 bus (1.400 au GNV et 700 électriques).

Ces véhicules s’ajouteront aux modèles hybrides (1.100 bus diesel/électrique) actuellement en circulation. S’ils sont plus polluants, ils iront au bout de leur mission comme l’explique Nicolas Cartier, directeur du plan « Bus propres » à la RATP : « Nous n’en achetons plus, mais leur durée de vie dépasse 2025 donc nous n’allons pas nous en séparer. » Ainsi, à partir de 2021, les anciens véhicules seront remplacés au rythme de 600 par an, sur les 350 lignes que compte le réseau actuel.

Des bus avec de nouveaux équipements

Changer un matériel de transport qui assure un milliard de voyages par an, cela a un coût. Au total, 1,8 milliard d’euros seront investis. Si c’est la région qui finance ces travaux, elle a reçu un coup de pouce financier de la part de la Commission européenne sous la forme d’une subvention de 23 millions d’euros pour l’achat de bus électriques et pour la conversion des dépôts de bus. La Caisse des dépôts et consignations met aussi la main au portefeuille pour soutenir le projet en octroyant un prêt du même montant, soit 23 millions d’euros.

En plus de voir les émissions de gaz à effet de serre diminuer, les Franciliens bénéficieront de nouveaux équipements à leur disposition. Par exemple, les portes s’ouvriront vers l’extérieur, ce qui permettra aux bus d’accueillir deux fauteuils roulants, au lieu d’un seul actuellement. Un nouveau système de climatisation sera présent et des écrans d’informations sur les lignes seront installés dans ces bus « verts ».