À Saint-Lazare, avis partagés sur la grève

Alexandre Sulzer

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Sur le quai de la gare Saint-Lazare (8e), les usagers se pressaient encore hier pour consulter les panneaux des horaires de la ligne L du Transilien (Versailles-Rive-Droite-Saint-Nom-la-Bretèche-Maisons-Laffitte). Depuis le 14 décembre, cette ligne est touchée par une grève des conducteurs, qui demandent plus d'effectifs. Chez les usagers, l'énervement se fait sentir, même si certains s'accommodent de la situation.

« Je pensais que ça finirait aujourd'hui », s'étonne Bruno, un habitant de Marly-le-Roi (Yvelines). « C'est incroyable que les syndicats ne soient pas contents. A la SNCF, ils ont la sécurité de l'emploi ! maugrée-t-il. Du coup, nous essayons de limiter nos déplacements. » « Au moins, il y a le service minimum, c'est un plus », nuance sa femme, Brigitte, pressée d'« écouler des tickets SNCF » qu'elle avait achetés en avance.

Lucie, agent d'accueil, témoigne : « On se fait insulter, certains passagers cognent contre les vitres. Il m'est arrivé de devoir appeler la sécurité même si, aujourd'hui, c'est plus calme : beaucoup d'usagers ont dû prendre leur voiture. » Quentin, étudiant de Bécon-les-Bruyères (Hauts-de-Seine), estime, lui, qu'il faudrait plutôt « écouter les revendications des cheminots » : « Elles touchent tout le monde dans un contexte de crise. » ■