Paris-VIII, fidèle à l'esprit de 68

Rémi Laporte

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C'est l'histoire d'une expérience inédite. Le 13 janvier 1969, le Centre universitaire expérimental de Vincennes (Val-de-Marne), devenu université Paris-VIII en 1971, ouvrait ses portes. L'établissement, installé depuis 1980 à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), inaugure aujourd'hui un cycle de manifestations dans le cadre de son quarantième anniversaire. Gilles Deleuze, Michel Foucault, Jean-François Lyotard et Alain Badiou ont enseigné dans ces lieux profondément marqués par les luttes d'extrême gauche. Ouverte aux non-bacheliers, l'université a étrenné des départements d'arts plastiques, de cinéma, d'urbanisme, de théâtre, de psychanalyse et instauré le système des unités de valeur, inspiré des Etats-Unis.

En 1976, l'Etat prévoit de ne pas renouveler le bail. Après quatre années de « résistance », l'université est finalement transférée de Vincennes à Saint-Denis. Yolande Robveille, ancienne étudiante de Paris-VIII devenue maître de conférences, explique que « certains professeurs ont eu du mal à s'en remettre ». Mais tout n'a pas été cassé dans le déménagement : « Le rapport entre enseignants et enseignés est resté direct ; la hiérarchie compte très peu », note-t-elle. Clara, 21 ans, étudiante en master 1 de philosophie à Paris-VIII, confirme que l'esprit de Vincennes n'a pas complètement disparu : « En venant ici, je savais que pourrais faire des recherches assez libres. » Et de conclure : « C'est une fac où l'on vient par choix. » ■Dans le film Vincennes : roman noir pour une université rouge, Yolande Robveille retrace l'histoire de cette université. Il sera projeté le 28 janvier à 12 h 30, dans l'amphi X de Paris-VIII. Rens. sur www.univ-paris8.fr/40ans