Les profs n'ont qu'à bien les tenir

EDUCATION Hier, pour la première fois, des nouveaux professeurs revenaient en formation pour apprendre à gérer une classe remuante.

Oihana Gabriel

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Vingt-quatre jeunes profs ont bénéficié des conseils et astuces pour tenir sa classe.
Vingt-quatre jeunes profs ont bénéficié des conseils et astuces pour tenir sa classe. — S. POUZET / 20 MINUTES

Vingt-quatre néotitulaires de l'académie de Créteil (Val-de-Marne) ont écouté pendant six heures les conseils de Sébastien Clerc. Ce professeur de français et d'histoire-géographie en Seine-Saint-Denis a publié en août Au secours, sauvons notre école, le récit de son combat quotidien pour tenir sa classe dans un lycée professionnel du Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis). Résultat: le recteur de Créteil lui a proposé d'animer des cours de tenue de classe. «Quand j'ai commencé à enseigner, il y a huit ans et demi, je me suis fait manger par les quatre cinquièmes de mes classes. Je souhaite, avec cette formation, aider mes collègues débutants qui ont le même parcours que moi», explique l'enseignant de 32 ans.

Sur un polycopié, il a répertorié quelques techniques : utiliser des phrases toutes faites utiles («Parce que c'est moi le prof»), isoler les bavards, théâtraliser son cours... Et il insiste sur la nécessité de surprendre les élèves : «Il ne faut jamais oublier que l'on est en concurrence avec Dailymotion et les jeux vidéo.»

Sébastien Clerc encourage le débat en évoquant des exemples: que faire quand une élève refuse d'enlever son voile? Pour Eliane Clara, professeur d'espagnol, «c'est la formation la plus utile que j'aie suivie jusqu'à présent, car on parle de cas concrets». Estelle, qui enseigne l'espagnol à Drancy (93), relativise. «Ce n'est pas évident d'appliquer ces conseils quand on est en classe.» Seule déçue, Laetitia Bousseau, professeur d'EPS: «Les conseils pour tenir sa classe ne me serviront pas, étant donné que je travaille en extérieur avec les élèves.»

 REMPLAÇANTS
Ces jeunes professeurs sont parfois des titulaires en zone de remplacement (TZR), à cheval sur plusieurs établissements.
«C’est difficile de s’intégrer lorsqu’on ne vient qu’une fois par semaine », déplore Céline Chevillon, professeur d’EPS. «Mon proviseur ne connaît même pas mon nom!», ajoute une autre TZR.