Paris : Rivière disparue, la Bièvre de retour à ciel ouvert « avant 2026 » ?

PROJET Le Conseil de Paris a voté en faveur du lancement en 2021 d’une étude de faisabilité pour la réouverture de la Bièvre

Romain Lescurieux
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Le projet de la Bièvre était une promesse de campagne des Verts
Le projet de la Bièvre était une promesse de campagne des Verts — EELV
  • Promesse de campagne des écologistes, le projet de faire revivre la Bièvre à Paris avance.
  • Une étude de faisabilité sur la réouverture de cette rivière disparue sera lancée par la ville dès 2021.
  • « Tout dépendra des conclusions des études qui vont être lancées mais on se fixe une réouverture au moins partielle de la Bièvre dans le courant du mandat, donc avant 2026 », explique Dan Lert, adjoint à la maire de Paris.

C’était l’une des grandes promesses de campagne des Verts et l’un des points d’accord de la coalition rose-verte d’Anne Hidalgo : Faire revivre la rivière disparue, la Bièvre, en plein Paris. Actuellement enfouie sous le bitume et le béton, cet affluent de la Seine qui prend sa source à Guyancourt (Yvelines) entrait auparavant dans la capitale non loin de la porte d’Italie, puis coulait sur près de 6 km, où elle traversait notamment le 13e arrondissement et le 5e avant de se jeter dans la Seine, au niveau du pont d’Austerlitz. Mais Paris a perdu sa Bièvre au début du XXe siècle.

Recouverte, puis déviée dans les égouts, elle pourrait très prochainement revoir le jour. La promesse électorale n’a pas été enfouie et des élus parisiens avancent en effet sur le dossier. Le Conseil de Paris a acté lors de la précédente assemblée la signature ce 15 octobre du contrat de territoire « Bièvre Eau, Climat, Trame Verte et Bleue » 2020-2024 avec l’agence de l’eau Seine-Normandie, le conseil départemental de l’Essonne et la région Ile-de-France. Dans ce cadre, une étude de faisabilité sur la réouverture de la Bièvre sera lancée par la ville dès 2021. Et ce, « à hauteur de 300.000 € », précise auprès de 20 Minutes Dan Lert, adjoint à la maire de Paris en charge de la transition écologique, du plan climat, de l’eau et de l’énergie.

La Bièvre à Paris en 1898 (dessin).
La Bièvre à Paris en 1898 (dessin). - GOLDNER/SIPA

« C’est une première étape »

« Il s’agira notamment d’actualiser les anciennes d’études menées par le passé, de cibler les biefs et de préciser l’objet exact de ces nouvelles études et leur périmètre », fait savoir Dan Lert. « C’est une première étape. Nous engagerons de nouvelles discussions avec les signataires du contrat une fois l’étude de faisabilité réalisée pour avancer sur notre projet de réouverture », ajoute-t-il. Un comité de suivi composé d’élus des arrondissements concernés va aussi être créé pour élaborer un cahier des charges. Du côté du calendrier, l’adjoint se veut lucide. « Tout dépendra des conclusions des études qui vont être lancées mais on se fixe une réouverture au moins partielle de la Bièvre dans le courant du mandat, donc avant 2026 », conclut-il.

Le « contrat Bièvre » en question qui va être signé est un document qui formalise l’engagement des acteurs publics et associatifs locaux, des grands aménageurs et gestionnaires de réseaux de transports et d’espaces privés et des partenaires financiers autour d’un projet collectif de gestion globale de l’eau à l’échelle du bassin-versant de la Bièvre. L’objectif affiché ? Améliorer la qualité du fleuve en vue de sa réouverture et permettre la baignade dans la Seine pour les Jeux olympiques 2024.

Sous le pont d’Austerlitz coulera la Bièvre ?

Des études avaient déjà été commandées en 2001 par l’Apur (Atelier parisien d’urbanisme) et l'institut Paris Région, auparavant l’IAURIF (Institut d’aménagement et d’urbanisme de la région Ile-de-France). Elles ont d’ailleurs servi de chemin de fer à la proposition des écologistes. A terme l’idée serait d’amener à nouveau la Bièvre jusqu’à la Seine en la découvrant progressivement sur la totalité de son parcours parisien. Ou du moins dans la mesure du possible. « Réhabiliter la Bièvre, enfouie depuis plus d’un siècle, constitue une opportunité unique d’apporter de la fraîcheur en ville et de créer un véritable corridor écologique », a affirmé en Conseil de Paris, Alice Timsit, conseillère écologiste de Paris.

Lors de la campagne, les écologistes proposaient en effet de faire rejaillir la Bièvre, alors que d’autres villes franciliennes prévoient de le faire notamment à Arcueil et Gentilly (Val-de-Marne). La rivière irait du parc Kellerman (13e arrondissement) jusqu’au pont d’Austerlitz, en passant par trois espaces verts (Kellerman, René-Le Gall, Muséum d’Histoire naturelle), et ainsi de créer un réseau de fraîcheur végétalisé et destiné aux mobilités douces sur son tracé, « afin de lutter contre le réchauffement climatique ». « La nouvelle Bièvre transformera profondément notre 13e arrondissement, mais aussi Paris. Ce sera une priorité de notre mandat », notaient-ils. Coût estimé du projet : Une cinquantaine de millions d’euros.