Pinder jongle avec le handicap

Carole Bianchi

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Djamel Mastouri a plus l'habitude de côtoyer les pistes d'athlétisme que les arènes de fauves. Médaillé de bronze au 800 m aux Jeux paralympiques de Pékin, ce sportif de haut niveau, hémiplégique, va participer ce soir à la première représentation Handicirque organisée par le cirque Pinder, sur la pelouse de Reuilly (12e). Sept autres athlètes de la Fédération française handisport (FFH) présenteront un numéro face à un public d'entreprises partenaires. Equilibrisme, pyramide humaine ou encore magie sont au programme de cette initiative pas si farfelue que ça. « L'objectif est de montrer qu'on peut s'intégrer dans la société, même avec un handicap », assure Gérard Masson, président de la FFH, forte de 52 médailles remportées à Pékin l'été dernier.

Mardi soir, Djamel répétait une dernière fois son domptage de lions, avec un pense-bête de mots en anglais à répéter aux félins. « Je les connais par coeur, mais une fois que je suis dans la cage, j'oublie tout », raconte-t-il un peu stressé. Xavier Le Draoullec, spécialiste du 4 x 100 m, salue sa pugnacité. « Je suis quand même mieux là-haut qu'en bas dans cette cage », s'exclame le sportif, amputé du membre inférieur gauche, qui s'entraîne depuis trois semaines au trapèze. Et cherche la perfection à l'aide de vidéos de ses exercices qu'il visionne chaque jour. « Ce n'est plus un challenge, c'est un véritable défi. Ce numéro, je vais le vivre comme au départ d'une grande compétition, avec la concentration que cela implique », souligne-t-il. « L'objectif est d'organiser un nouveau spectacle de ce type chaque année », conclut Gilbert Edelstein, patron du cirque Pinder. ■