Seine-Saint-Denis : Pour la « continuité scolaire », Drancy distribue des tablettes pour ses écoliers

EDUCATION Tous les élèves du CP au CM2 de Drancy vont être équipés d’une tablette numérique chargée avec du contenu pédagogique validé par l’Education nationale. La FCPE 93 dénonce une « inégalité territoriale »

R.L.

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Image d'illustration d'une salle de classe en école primaire.
Image d'illustration d'une salle de classe en école primaire. — Martin BUREAU / AFP
  • En une semaine, les 5.500 tablettes achetées en mai auront été distribuées à 5.286 élèves de Drancy.
  • « Il fallait être très réactif. Le confinement a montré, et particulièrement dans le 93, qu’avec la fracture numérique de nombreux enfants n’ont pas eu accès à une continuité scolaire », commente-t-on à la mairie de Drancy, sollicitée par 20 Minutes.
  • La FCPE 93 dénonce de son côté une « inégalité territoriale »

Une rentrée connectée. Vendredi, la maire de Drancy, Aude Lagarde (UDI) en compagnie du député Jean-Christophe Lagarde ont commencé à distribuer les premières tablettes aux écoliers de cette commune de Seine-Saint-Denis. Chaque enfant du CP au CM2 va en effet être équipé d’une tablette numérique chargée avec du contenu pédagogique validé par l'Education nationale. « C’est la première ville de France à distribuer dans toutes ses écoles élémentaires une tablette pour chaque petit drancéen scolarisé », se félicite-t-on à la ville.

Coût total de l’opération : 1,8 million d’euros. En une semaine, les 5.500 tablettes achetées en mai auront été distribuées dans 20 écoles et dans 218 classes soit à destination de 5.286 élèves. Et ce, pour endiguer « le décrochage scolaire ».

« De nombreux enfants n’ont pas eu accès à une continuité scolaire »

Alors que pendant la période de confinement des enfants ont eu du mal à suivre les cours à distance et qu’actuellement, en cette rentrée particulière en raison du contexte sanitaire, le risque de fermetures de classes ou d’écoles existe, la mairie estime que ce financement de tablettes est nécessaire. « Il fallait être très réactif. Le confinement a montré, et particulièrement dans le 93, qu’avec la fracture numérique de nombreux enfants n’ont pas eu accès à une continuité scolaire », commente-t-on à la mairie de Drancy, sollicitée par 20 Minutes.

Concernant ce décrochage scolaire, sur une circonscription de Drancy qui a en charge 26 écoles maternelles et élémentaires, 132 élèves étaient « en absence numérique », 242 élèves « en difficultés d’enseignement à distance » et 180 élèves « perdus de vue », selon les chiffres récoltés en juin par les inspecteurs de l’Education nationale. Au niveau global, il y a deux semaines, selon les chiffres du rectorat de Créteil, aux alentours de 4.000 élèves sur plus de 200.000 enfants, n’avaient pas encore retrouvé le chemin de l’école en Seine-Saint-Denis. C’était cinq fois plus que lors de précédentes rentrées. Si la tablette permet d’assurer au maximum une « continuité scolaire », elle pose aussi plusieurs questions ? Est-ce efficace pour les plus jeunes, notamment en CP ? N’est-ce pas une source d’inégalité sociale à l’échelle du département ?

« Grosse inégalité territoriale »

Cette tablette « bridée » possède 79 applications pour « toutes les matières et tous les niveaux », ajoute-t-on à la mairie. Pour les élèves de CP, le système est toutefois un peu différent. « Il reste primordial que ces élèves en cours d’apprentissage de la lecture et de l’écriture, apprennent à former les lettres. Ce sont donc les enseignants qui décideront quand les donner pour ne pas influer sur l’apprentissage », conclut-on. A noter que dès la rentrée prochaine, dans les écoles primaires de Drancy, il n’y aura plus de livres papiers mais un « cartable numérique » et les élèves garderont leur tablette jusqu’à la fin de leur scolarité en primaire. La FCPE 93 se montre de son côté très sceptique.

« C’est une démarche positive mais c’est dommage que ce soit organisé uniquement au niveau local. Nous sommes face à une grosse inégalité territoriale », déplore auprès de 20 Minutes, Alixe Rivière, coprésidente de la fédération de parents d’élèves FCPE 93. Et de préciser : « Tous les maires de la Seine-Saint-Denis auraient dû en parler pour que tous les élèves du département soient équipés de la même manière ».